Les tensions s’annoncent persistantes au sein du gouvernement grec
Accouchée au forceps, la coalition gouvernementale fait déjà résonner le son de la discorde en Grèce. Le nouveau Premier ministre, Lucas Papadémos, et le leader des conservateurs, Antonis Samaras, ont exposé hier au grand jour leurs divergences. Lors d’un discours devant le Parlement, en prévision du vote de confiance prévu demain, le chef du gouvernement a réclamé un coup de collier supplémentaire, tout en soulignant que les cent jours alloués à sa mission ne seraient pas suffisants.
«Pour poursuivre les efforts de redressement de l'économie, nous avons besoin du soutien de nos partenaires européens (...) et d’un nouveau programme d’ajustement budgétaire», a prévenu Lucas Papadémos. Brossant un tableau de la situation actuelle, le dirigeant a estimé que les mesures d’austérité imposées par l’Union européenne et le Fonds monétaire international ont amplifié la récession et augmenté le chômage. L’ancien vice-président de la BCE a néanmoins tablé sur un déficit budgétaire ramené à 9% du PIB d’ici la fin de l’année et assuré que la Grèce n’avait pas d’autre choix que de rester dans la zone euro.
La perspective de nouvelles coupes, via des réductions de salaires ou de retraites, suscite une levée de boucliers à droite. «Nous ne voterons pas de nouvelles mesures», a affirmé Antonis Samaras devant les députés de sa formation, Nouvelle Démocratie. Il est rejoint sur ce point par le parti d’extrême droite LAOS. Pour justifier sa position, Antonis Samaras se dit hostile à toute politique pouvant nuire à la reprise économique. Maintenant la posture intransigeante adoptée lors des négociations avec Georges Papandréou, le Premier ministre sortant, il a également averti qu’il ne signerait pas de lettre d’engagement, comme le réclame la Commission européenne, jugeant que sa parole devrait suffire.
Sans compter que le destin de la Grèce semble se jouer à Leipzig en Allemagne. La chancelière y tient la convention annuelle de son parti, la CDU, durant laquelle une résolution a été adoptée permettant de changer le traité européen afin de laisser un pays en difficulté quitter la zone euro volontairement sans toutefois remettre en cause son appartenance à l’Union. « Personne ne sera contraint de quitter la zone euro» précise Wolfgang Schäuble. D’autant que Lucas Papadémos a été clair hier soir en indiquant que «notre appartenance à la zone euro est le seul choix possible».
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