Les télécoms européennes victimes d’une décote boursière exagérée
Les perspectives fondamentales alliées à un intérêt spéculatif pourraient donner lieu à un rebond des opérateurs historiques
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Yves-Marc Le Réour
Tout n’est peut-être pas si noir pour les opérateurs télécoms. Alors que le secteur a fortement sous-performé le marché depuis fin janvier (-14 % par rapport aux DJ Stoxx 600) en dépit de résultats 2007 globalement satisfaisants, la défiance actuelle peut sembler exagérée par rapport aux fondamentaux du secteur. La plupart des opérateurs historiques ont en effet communiqué des perspectives à 3 ans qui laissent place à une croissance modérée des revenus et à une génération de cash au minimum stabilisée. D’ici à 2010, Telefonica prévoit ainsi une progression de son chiffre d’affaires comprise entre 5 et 8 % et de +7 % à +11 % pour son EBE ; KPN s’attend à des revenus supérieurs à 15 milliards d’euros en 2010 contre 12,6 milliards en 2007, avec un cash-flow libre passant de 4,9 milliards à plus de 5,5 milliards. Quant à Telecom Italia, il vise une croissance de son chiffre d’affaires d’au moins 2 % l’an sur la période 2008-2010 pour un objectif d’Ebitda de 39 % contre 38,5 % en 2008.
L’achat d’actions Telecom Italia par Bolloré la semaine dernière, tout comme la participation de 3 % prise par le fonds américain Brandes au capital de Deutsche Telekom pourraient d’autre part faire renaître un certain intérêt pour le secteur. Si des considérations politiques peuvent expliquer la décision de Bolloré à l’égard de Telecom Italia, celui-ci est cependant « le plus faiblement valorisé des opérateurs historiques, avec un ratio VE/Ebitda 2008 de 4,7 », selon les calculs de CM-CIC Securities, 24,5 % du capital de l’opérateur italien étant aux mains d’un consortium réunissant Telefonica et des partenaires financiers. La cession prochaine de sa filiale française Alice, courtisée par Numericable, Iliad ou Neuf Cegetel, a en tout cas contribué hier à une progression de 10,6 % de l’action ordinaire Telecom Italia. Selon CM-CIC Securities, l’absence de déploiement de réseaux Wimax en France pourrait également inciter Bolloré, qui détient 12 licences régionales depuis 2006, « à se porter candidat à la 4e licence mobile ».
Plus généralement, le consensus des analystes fait apparaître une décote de 25 à 30 % du cours des principaux opérateurs historiques européens par rapport à leur valeur théorique. Le regain d’intérêt des investisseurs est toutefois resté sélectif puisque l’indice sectoriel des télécoms n’a gagné hier que 2,9 % contre une hausse de 3,3 % pour le Stoxx 600.
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