Les taux souverains se détendent encore en Europe
Malgré les incertitudes entourant sa trajectoire budgétaire, et les scandales politiques qui fragilisent le sommet de l’Etat, la France n’a jamais emprunté à si bon prix sur les marchés financiers. Une semaine après avoir levé avec succès de la dette à plus de 30 ans, le Trésor a réussi à se refinancer hier à un taux inférieur à 2%.
La France a ainsi levé 6,971 milliards à moyen et long terme (échéances 2020, 2021, 2022) dont 2,006 milliards à échéance 10 ans au taux de 1,94% pour la première fois de son histoire. La demande a été trois fois supérieure au montant adjugé. Cette émission réussie a soutenu la dette française sur le marché secondaire. Hier, les emprunts d’Etat français à 10 ans se traitaient à environ 1,89%. Dans le même temps, le Bund allemand a reculé à son plus bas niveau depuis le mois d’août 2012, lâchant quelque 4 points de base (pb) à environ 1,245%.
Les investisseurs semblent avoir été rassurés par la Banque centrale européenne (BCE), qui s’est dit hier prête à agir sur les taux si la situation économique venait encore à se détériorer. Dans la foulée, les taux des pays périphériques se sont aussi détendus. En fin d’après-midi, le taux d’emprunt italien à 10 ans a abandonné environ 3,5 pb à 4,54% tandis que la dette portugaise de même maturité a reculé de quelque 6,7 pb à 6,14%.
Les rendements espagnols se sont maintenus de leur côté à environ 4,89% tandis que son taux de refinancement à deux ans a retrouvé hier son plus bas depuis près de deux ans et demi à environ 2%. L’Espagne a réussi à lever hier 4,307 milliards d’euros à moyen terme (3,5, et 8 ans), soit plus que prévu.
De manière générale, les investisseurs n’ont pas tenu rigueur des derniers indices PMI qui montrent la poursuite de la baisse d’activité dans la zone euro en mars, à moins que la faiblesse des taux longs ne reflète l’absence de perspectives de croissance. L’instabilité politique en Italie, et la crise bancaire chypriote ont relancé les inquiétudes en Europe ces dernières semaines. Mais l’impact sur les rendements obligataires des pays périphériques a été relativement limité. Depuis quelques jours les inquiétudes se sont tournées vers d’autres petits pays au système bancaire fragile comme la Slovénie qui pourrait être le prochain bénéficiaire d’une aide internationale.
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