«Les taux négatifs pourraient continuer de se diffuser avec le QE de la BCE»
- L’Agefi : jusqu’où les rendements en zone euro peuvent-ils chuter ?
- Jean-François Robin : Jusqu’à récemment, l’idée pour un investisseur qu’il faille payer pour placer son argent semblait assez hypothétique. Aujourd’hui, les taux négatifs sont de plus en plus courants. En zone euro, ce sont ainsi près d’un tiers des titres d’Etats qui offrent des rendements négatifs (60% des titres allemands et 42% des titres obligataires français). Un investisseur allemand doit ainsi aller sur des titres de maturité supérieure à 7 ans pour trouver un rendement positif. Les taux négatifs pourraient ainsi continuer de se diffuser avec les achats de la BCE (60 milliards d’euros par mois dont une grande partie de titres d’Etat) alors que les détenteurs de titres ne sont pas forcément motivés à vendre, ni par la régulation contraignant les banques ou les assureurs à détenir des titres d’Etats en euro, ni par les rendements des investissements alternatifs eux aussi sur des niveaux très chers. Mais c’est aussi le scénario macroéconomique qui compte. Si la reprise se confirme et que l’inflation et le pétrole devaient remonter, les rendements suivraient.
- Les rendements américains sont-ils sur une pente ascendante ?
- Si certains doutent encore des signes positifs en Europe, difficile de ne pas voir la reprise aux Etats-Unis. Avec une croissance attendue autour de 3% et une économie proche du plein emploi, la Fed va remonter ses taux. Seul le timing reste assez incertain (juin ou septembre). Les Fed funds devraient atteindre 0,75% d’ici la fin de l’année et le 10 ans américain remonter vers 2,50%. Un peu plus haut mais largement en deçà de sa moyenne historique (6,50% depuis 35 ans, 3,65% depuis 2000).
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