Les taux longs italiens touchent 6 % malgré le nouveau plan européen
Les dernières émissions du Trésor italien montrent que les inquiétudes des investisseurs n’ont pas été levées par les engagements pris lors du sommet européen du 26 octobre dernier. Vendredi, pour la réouverture d’une ligne à 10 ans, l’Italie a dû offrir un rendement de 6,06 %, le niveau le plus important jamais atteint depuis la création de la zone euro. Sur l'émission à 3 ans, le Trésor a dû consentir un rendement de 4,93 %, le plus haut depuis novembre 2000 sur cette maturité. Au total, la demande a atteint 6,93 milliards d’euros, par rapport à un objectif de 7,5 milliards.
L’objectif du sommet européen, de circonscrire la crise de la dette, est donc loin d'être atteint. Après la timide détente des taux longs jeudi dernier, le rendement des obligations d’Etat italiennes à 10 ans est reparti à la hausse. Il frôlait vendredi soir les 6 %, le seuil à partir duquel le coût de l’accès au marché devient insoutenable pour l’Italie. Or, le pays doit encore émettre sur le marché près de 20 milliards d’euros en 2011. L’an prochain, le programme de financement du pays atteindra 440 milliards d’euros, contre 430 milliards en 2011, a indiqué vendredi Maria Cannata, responsable du financement au Trésor italien.
Pour réussir à se financer sur le marché, le gouvernement italien doit prouver sa capacité à respecter ses engagements en matière d’austérité budgétaire. D’abord, la majorité est fragile. Ensuite, il faudra attendre pour que les mesures votées soient appliquées. Le seul filet de sécurité vient des rachats de titres par la BCE, car la mise en place du nouveau fonds de stabilité financière (EFSF) prendra aussi du temps. Techniquement, le dossier s’annonce complexe. Ensuite, il pourrait se passer plusieurs mois avant qu’un pays étranger décide d’y participer. Le directeur général de l’institution est revenu bredouille de son déplacement à Pékin. La Chine attendra d’avoir les détails sur les possibilités d’investissement dans le fonds, a prévenu le vice-ministre des finances chinois, Zhu Guangyao.
Mais les marchés obligataires et actions risquent de ne pas avoir la patience d’attendre la mise en œuvre des engagements aux niveaux italien et européen. «Les taux resteront donc sous pression en attendant l’annonce du plan italien pour l’année prochaine (vers le 12 novembre). (…) Sans repli des taux longs italien, le marché actions va clairement se replier», indiquent les spécialistes d’Aurel BGC.
Plus d'articles du même thème
-
Les provisions de Nubank font passer la hausse de son bénéfice au second plan
La néobanque brésilienne, une des plus importantes du monde en termes de revenus, a publié des résultats inférieurs aux prévisions des analystes à cause d’une augmentation du montant de ses provisions. -
Grape Hospitality se refinance pour rénover son parc hôtelier
Cette opération d'un montant total de 481 millions d'euros permettra notamment au groupe hôtelier de rénover son parc hôtelier mais également de réaliser des investissements d'immobilisations liés à la RSE. -
LVMH cède Marc Jacobs à WHP Global et G-III Apparel
Le géant français du luxe poursuit la rationalisation de son portefeuille de marques. Si le montant n’est pas officiellement dévoilé, les acquéreurs - WHP, propriétaire de Vera Wang et G-Star, et G-III, détenteur de Lagerfeld et DKNY - lèvent 850 millions de dollars pour financer l’opération. -
Le Congo poursuit ses émissions d’eurobonds
Six mois après son retour sur le marché des eurobonds, le pays vient de lancer une opération de rachat d’obligations et une nouvelle émission obligataire de 575 millions de dollars alors qu’il entame des discussions avec le FMI. -
Le cinéma réécrit son scénario pour attirer les épargnants
Porté par de nouveaux fonds, le financement du cinéma cherche à sortir de la logique de défiscalisation pour devenir une véritable classe d’actifs. -
Les plateformes de streaming vidéo, désormais mécènes incontournables du cinéma tricolore
Cannes accueille le plus grand festival de cinéma au monde depuis le mardi 12 mai, ainsi qu'un imposant marché du film. Netflix, Amazon et consorts s’imposent maintenant de plus en plus dans les financements des films, y compris français, dans un marché en pleine concentration et bousculé par l'intelligence artificielle.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- Indosuez Wealth Management se lance à son tour sur le segment des ETF
- Bruxelles poursuit l'assouplissement des exigences ESG
- Le directeur général d’Amundi Technology part prendre les rênes d’Aztec
- Bertrand Merveille : «BDL Capital pourrait battre cette année ses records d'encours et de collecte»
- Emergence accueille cinq nouveaux investisseurs institutionnels
Contenu de nos partenaires
-
442 mises en demeure et six signalements à la suite de contrôles effectués dans les écoles privées
S’il « n’y a pas eu de nouveau Bétharram », selon le ministre de l’Education, Édouard Geffray, on compte néanmoins 442 mises en demeure et six signalements au procureur -
EXCLUSIFAllègements de charges : le dilemme du gouvernement
Selon nos informations, le gel du barème empêcherait les réductions de charges de gonfler d'un peu plus de 2 milliards d'euros, le barème étant normalement indexé sur le Smic, qui va augmenter de 2,4 % au 1er juin. -
Quand Emmanuel Grégoire donne raison à #SaccageParis
Le successeur d'Anne Hidalgo à la mairie de Paris a choisi de ne pas nommer d'adjoint au Patrimoine, lui préférant le « design et à l’esthétique » en décrétant un « droit au beau » dans tous les quartiers