Les taux longs américains résistent à la perspective d’un retour à la normale
Le taux à 10 ans est passé hier sous le seuil symbolique des 2%. Une première depuis l’annonce du «tapering» par la Fed en juin 2013.
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Patrick Aussannaire
Les taux longs américains restent imperturbablement faibles. Malgré un lancement du processus de normalisation de la politique monétaire de la Fed qui devrait intervenir dans les tout prochains mois, le rendement des Treasuries à 10 ans est passé hier sous le seuil symbolique des 2%. Un niveau qu’il n’avait plus connu après l’annonce du «tapering» par la Fed au mois de juin 2013, si l’on excepte l’accident connu en séance mi-octobre, et qui avait entraîné une tension du taux 10 ans de 140 pb en quatre mois, à 3%. Ce niveau a été atteint une nouvelle fois il y a un an et a ainsi été suivi d’une détente de 100 pb depuis.
«Face aux incertitudes économiques, qui pèsent sur la valorisation du marché actions, et face à la chute des cours du pétrole soutenant les anticipations d’une inflation faible, la remontée des taux d’intérêt à long terme américains n’est pas pour ce début d’année», explique ainsi Aurel BGC. La partie ultra-longue de la courbe a connu une tendance similaire, avec une chute du rendement à 30 ans de 140 pb depuis le début de l’année 2014 et de 40 pb depuis un mois. A seulement 2,57% hier, il est ainsi tombé à son plus bas niveau depuis juillet 2012.
Dans le même temps, le taux à 2 ans a franchi fin décembre le seuil de 0,7% pour la première fois depuis avril 2011, entraînant ainsi un fort écrasement de la pente de la courbe des taux américaine. S’il s’est légèrement détendu depuis pour revenir à 0,64% hier, l’écart avec le taux 10 ans est revenu à 135 pb hier, et n’est désormais plus qu’à 18 pb de son point bas de juillet 2012, soit deux mois avant le lancement du troisième programme de rachats d’actifs de la Fed («QE3»). celui-ci avait été suivi d’un fort mouvement de repentification de la courbe.
Or, ce mouvement devrait s’accentuer avec une hausse des taux à 2 ans d’ici à mars «en prévision du relèvement des taux de la Fed un peu plus tard dans l’année», selon Citigroup. La partie longue devrait quant à elle rester «ancrée» du fait de la faiblesse des anticipations d’inflation, Citigroup estimant la neutralité du taux nominal à 10 ans à 2,5%, correspondant à un taux Fed funds autour de 2%.
La faiblesse des taux longs touche également les autres grandes économies développées, avec des taux 10 ans du G3 (Etats-Unis, Allemagne et Japon) qui sont même passés hier en moyenne sous le seuil de 1% pour la première fois de leur histoire. «Un signe que les investisseurs pensent que la situation restera atone pendant une longue période», estime Citigroup.
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