Les taux européens amplifient leur détente estivale
Les marchés semblent de plus en plus croire à un redressement progressif de l’économie de la zone euro et de ses pays les plus fragiles. L’écart entre les taux espagnols et allemands à 10 ans est revenu lundi matin à son plus bas niveau annuel, à 275 points de base (pb), tout près de son record du mois de mai dernier qui se situait juste en dessous de cette barre. Il se situe à deux points seulement de son plus bas de 2011 (273 pb). Vendredi, le spread entre l’Italie et l’Allemagne était pour sa part repassé sous le seuil de 250 pb, du jamais vu depuis juillet 2011.
La publication mercredi matin du PIB de la zone euro permettra de confirmer par les chiffres les signes de reprise économique constatés ces dernières semaines, alors que les premières estimations annoncées par l’Espagne ou l’Italie ces dernières semaines se sont révélées moins mauvaises qu’attendu. En recul de 4,6% en rythme annuel au deuxième trimestre, le PIB grec est également supérieur aux estimations des économistes.
Ces espoirs de reprise entretiennent l’appétit au risque grandissant des investisseurs, à la recherche de rendement. L’Espagne ou l’Italie en ont bien profité depuis le début de l’année pour placer dans de meilleures conditions leur dette. Madrid a d’ores et déjà réalisé 70% de son programme d’émissions annuel. Rome est déjà à 80%.
Ces spreads illustrent la détente des marchés souverains européens. Au plus fort de la crise sur la dette souveraine espagnole, en juillet 2012, le spread avec l’Allemagne avait atteint un pic de 633 points de base. Quelques jours plus tard, Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne, avait assuré que la BCE ferait tout ce qui est en son pouvoir pour intervenir sur le marché. Au plus fort de la crise en 2011, le spread entre l’Italie et l’Allemagne était montait jusqu’à 548 points de base, faisant craindre pour l’accès au crédit du pays.
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