Les taux d’intérêt réels au Brésil sont sur la voie de la convergence
L’inflation attendue à 6 % demeure dans la fourchette cible mise en place en 1999. Le pays dispose d’une marge de baisse de ses taux directeurs
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Nuno Teixeira, Schroders
Septième économie mondiale, le Brésil s’est affirmé au fil de la dernière décennie comme un des bons élèves de la classe émergente. Longtemps en retrait de la moyenne mondiale, la croissance économique brésilienne est désormais portée par une dynamique nouvelle, liée à la réduction des inégalités et la montée en puissance de la classe moyenne: de 66 millions de personnes en 2000 à 113 millions environ en 2014.
L’économie brésilienne, qui s’affiche désormais au 4e rang mondial pour ses réserves de change (près de 350 milliards de dollars), semble également avoir terrassé son principal démon, celui de l’inflation. Alors que celle-ci flirtait encore avec les 2.500% en 1993, elle n’a guère dépassé les 10% depuis 1996 (à l’exception de 2002). Le régime mis en place en juin 1999, qui suppose le maintien d’un objectif strict d’inflation de 4,5% (assorti d’une bande de +/-2%), a globalement été respecté et s’est affirmé comme un pilier essentiel du contrat social des présidents Lula et Dilma Roussef.
Ce succès rend paradoxal le niveau actuel des taux nominaux brésiliens : si la banque centrale a annoncé fin août une baisse de son taux directeur de 12,5% à 12% - elle devrait être poursuivie cette semaine - les taux réels brésiliens s’affichent encore à plus de 5% ce qui est une anomalie dans le paysage des grandes économies mondiales. Le Brésil est donc un des rares pays à disposer d’une marge de baisse importante de ses taux directeurs, pour soutenir son économie en cas de ralentissement de la croissance. Un atout dont les investisseurs internationaux, trop concentrés sur l’évolution des matières premières et qui ont massacré les actions brésiliennes depuis le début de l’année, devraient probablement se rappeler.
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