Les taux de la BCE resteront bas voire plus bas pendant une période prolongée
La Banque centrale européenne (BCE) va maintenir ses principaux taux « à leur faible niveau actuel voire plus bas sur une période de temps prolongée », a déclaré son président Mario Draghi jeudi après midi lors d’une conférence de presse, apportant au marché un éclairage le plus claire possible sur l’évolution future de la politique monétaire.
« Nous observons des perspectives (...) d’inflation à moyen terme telles qu’elles justifient cette nouvelle manière de communiquer par avance (...) sur un biais baissier en matière de taux d’intérêt », a souligné le président, précisant qu’ « il ne s’agit pas de six mois, il ne s’agit pas de 12 mois, il s’agit d’une période de temps prolongée ». Il a ajouté que la discussion entre membres du Conseil avait notamment porté sur « la possibilité d’une baisse de taux d’intérêt ».
Un peu plus tôt dans la journée, ce jeudi, la BCE a annoncé avoir maintenu son taux directeur à 0,50%, un plus bas historique. Elle a également laissé le taux des facilités de dépôt à zéro et le taux des prêts marginaux à 1%. Mario Draghi a expliqué que « ce qu’avait fait le Conseil des gouverneurs aujourd’hui, c’est adopter un biais baissier sur les taux d’intérêt à l’horizon de la prévision ». Réagissant à ces propos, les marchés européens des actions ont accru leurs gains. Ainsi le FTSEurofirst 300 index grimpait de 2,4% à 1.177,94 points en milieu de séance.
Au chapitre de la conjoncture, Mario Draghi a estimé que « les risques entourant les perspectives économiques dans la zone euro continuent d'être orientés à la baisse », et que « les pressions sous-jacentes sur les prix devraient rester contenues à moyen terme ». Revenant sur la situation des marchés financiers, Mario Draghi a estimé qu’ « en dépit des récents développements, l’amélioration globale des marchés financiers depuis l'été dernier devrait se diffuser dans l'économie réelle, tout comme le devraient les progrès réalisés en matière de consolidation budgétaire ».
Les réserves du président portaient bien sûr sur la situation portugaise en proie à une crise politique. Mario Draghi a rappelé que les règles de la BCE en matière d’achat d’obligations sont inchangées (ils ne peuvent pas être directs), laissant peu de perspective de soutien au Portugal dont les rendements obligataires ont bondi ces derniers jours. Le président a toutefois estimé à propos de son programme de rachat d’obligations « illimité » OMT (Outright Monetary Transactions) que « les OMT sont prêtes à être mises en œuvre ». L’OMT nécessite que le pays en difficulté réclame une aide extérieure du fonds de secours de la zone euro et émette régulièrement sur le marché obligataire, conditions sine qua non pour que la BCE intervienne et achète ses obligations. Or le Portugal émet des bons du Trésor à court terme mais n’émet pas régulièrement des obligations de maturité plus longue, a t-il dit.
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