«Les taux courts américains vont rester ancrés à leurs niveaux actuels»
- L’Agefi : L’intervention de Janet Yellen devant les élus américains a-t-elle modifié vos anticipations sur la politique monétaire américaine ?
- Matthieu Louanges : L’intervention assez courte et très claire de Janet Yellen a confirmé que son orientation restera en ligne avec la politique monétaire dirigée par son prédécesseur. Cela ne nous surprend pas. Comme elle l’a souligné, elle a elle-même participé à l'élaboration de la politique monétaire actuelle et elle ne compte pas la bouleverser. L’accent porté sur le nombre important de sans-emplois, qui reste «inhabituellement élevé» et sur le fait que l’inflation reste «nettement sous l’objectif» de la Fed suggère que Janet Yellen ne considère pas de hausse de taux à court terme. Elle a d’ailleurs répété qu’il se passera une période «considérable» entre la fin du quantitative easing et la première hausse des taux. Nous restons par conséquent convaincus que la partie courte de la courbe des taux américaine va rester ancrée au niveau actuel pour plusieurs années.
- Pensez-vous que la BCE passera à l’action au mois de mars ? Si oui, comment ? Si non, pourquoi ?
- Nous pensons que la BCE est dans une phase d’observation et d’attente et qu’il est improbable qu’il y ait des annonces de changement de politique monétaire en mars. Nous croyons que Mario Draghi continuera d’insister sur le concept de forward guidance, c’est-à-dire la conviction que les taux resteront bas pour longtemps. Si la BCE devait dans les prochains mois ajuster sa politique, elle le ferait, à notre avis, d’abord par des mesures qui favoriseraient la liquidité et ensuite par une nouvelle baisse de taux. Les achats de titres ne viendraient qu’en dernier ressort.
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