Les syndicats d’Alitalia toujours hostiles aux propositions d’Air France-KLM
«Une proposition insuffisante». Telle a été la réaction, dans un communiqué commun, de 8 syndicats au dernier document que leur a adressé en fin de semaine dernière la direction d’Air France-KLM (AF). La compagnie franco-néerlandaise y propose de reprendre, selon les syndicats, 4.191 employés de la filiale AZ Servizi sur 7.400 contre 3.300 précédemment. Pour le reste, AF compte toujours supprimer 500 postes sur l’ensemble des employés repris, réduire les effectifs de 1.600 emplois dans le trafic passagers d’Alitalia et fermer la branche fret.
Dès lors, «le document reprend le contenu et la forme de ce qui a été présenté lors de la réunion du 25», avance le communiqué. La porte n’est pas pour autant fermée. Certes, l’Anpac (qui représente environ la moitié des pilotes) a confirmé opposer «un non ferme à la proposition d’Air-France-KLM». Un porte-parole a même assuré à Bloomberg que pour le syndicat «les discussions sont terminées». Néanmoins, les autres organisations comptent toujours discuter malgré leur premier avis négatif. Une rencontre avec la direction d’AF doit avoir lieu aujourd’hui. Les deux compagnies aériennes s'étaient données jusqu’au lundi 31 mars pour convaincre les syndicats et surmonter les autres obstacles à une fusion qui s’est heurtée à une farouche résistance. Alitalia a toutefois indiqué vendredi qu’elle repoussait de quelques jours cette date-butoir après avoir obtenu une rallonge de 148 millions d’euros. Cette somme provient de remboursements d’impôts et de la vente d’actions Air France-KLM.
Au-delà de l’emploi, les syndicats appellent aussi à «reconsidérer» la question des infrastructures aéroportuaires et celle de la flotte, un point considéré parmi «les plus insuffisants du projet». Car selon eux, «la forte réduction du nombre d’appareils (-42) et le maintien d’avions non-économiques (MD 80) ne donnera aucune possibilité de rester compétitif ».
Il paraît toutefois peu probable que AF modifie ses plans, la compagnie ayant déjà dit que des concessions supplémentaires mettraient son projet en péril. De surcroît, les solutions alternatives concrètes ne sont visiblement pas légions. Air One reste intéressé mais il lui faudra du temps pour monter une nouvelle offre. Quant aux noms de groupes italiens qu’auraient avancés Silvio Berlusconi à en croire la presse italienne, plusieurs d’entre eux ont vite démenti étudier le dossier comme Mediobanca, Eni ou Benetton.
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