Les sorties d’actifs restent le talon d’Achille d’UBS
La banque suisse a affiché au quatrième trimestre un bénéfice de 1,2 milliard de francs, le premier résultat positif depuis un an
Publié le
Benoît Menou
UBS ne parvient pas à se débarrasser de la douloureuse épine des sorties d’actifs de la part de ses clients. Le colosse bancaire suisse a ainsi concédé au cours du quatrième trimestre 2009 des sorties nettes pour un montant de 56 milliards de francs (38,2 milliards d’euros), les divisions gestion de fortune en Suisse, gestion de fortune Amériques et gestion d’actifs subissant respectivement des sorties de 33, 12 et 11 milliards.
Ces chiffres sont en progression sur les trois segments d’un trimestre à l’autre. Les sorties totales du troisième trimestre s’élevaient à 37 milliards de francs. Le segment des institutionnels en gestion d’actifs pâtit même, hors actifs monétaires, d’une collecte négative de 3,6 milliards alors que le solde était positif de 1,4 milliard au trimestre précédent. Seule la gestion de fortune en Asie est parvenue à afficher un solde positif. De quoi ramener à 3% la progression annuelle des actifs sous gestion (2.223 milliards de francs au 31 décembre).
Banque européenne la plus touchée par la crise financière, UBS paie aussi l’accord de coopération fiscale signé avec les Etats-Unis. La plaie reste ouverte, de l’aveu même du directeur général Oswald Grübel, qui craint, «dans le proche avenir», de nouvelles sorties ainsi qu’une «certaine pression sur les marges».
Le dirigeant veut pourtant croire que le redressement des résultats financiers est susceptible de rétablir la réputation d’UBS. A ce titre, la publication hier d’un résultat net positif au quatrième trimestre 2009, le premier depuis un an, constitue selon l’analyste de Deutsche Bank Matt Spick «une étape importante» pour retrouver la confiance des clients.
UBS a il est vrai affiché un bénéfice trimestriel net de 1,2 milliard de francs (contre une perte de 564 millions trois mois auparavant), ramenant la perte nette annuelle à 2,74 milliards contre 21,3 milliards en 2008, sous l’effet notamment d’un crédit d’impôt de 480 millions. La banque d’investissement surtout a affiché un bénéfice de 297 millions contre une perte de 1,37 milliard au troisième trimestre.
Oswald Grübel, assurant que «le niveau d’activité des clients a été élevé en janvier», s’attend à voir cette amélioration de la rentabilité de cette division se poursuivre en 2010, «notamment parce que ses positions à risque résiduelles devraient avoir un impact nettement réduit sur les résultats».
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