Les sociétés européennes attirent les investisseurs américains par leurs rendements
Selon S&P Capital IQ, les prêts de type « covenant light » ont atteint 4,6 milliards d’euros en Europe cette année, dont 70% ont été émis en dollars
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Patrick Aussannaire
Le marché des covenant light, ces prêts allégés en contraintes financières, est en pleine résurrection en Europe. Selon les données fournies par S&P Capital IQ, les groupes de private equity ont levé quelque 4,6 milliards d’euros sous cette forme afin de financer les sociétés qu’ils détiennent sur le marché européen. Un montant qui a plus que triplé par rapport aux 1,4 milliard levés à la même période l’an passé. A ce rythme, le record de 7,7 milliards enregistré en 2007, avant que ce type de financements ne soit gelé durant les quatre années suivantes, pourrait tomber.
Les sociétés européennes ont profité de la faiblesse des taux aux Etats-Unis. Celle-ci pousse les investisseurs américains à rechercher des rendements plus élevés sur des segments plus risqués. 70% de ces prêts ont été émis en dollars, selon les données compilées par Bloomberg. «Le poids du monétaire dans les fonds américains cette année commence à contraindre les investisseurs américains à se lancer dans des opérations de covenant light en Europe», estime ainsi John Foy, responsable à Londres des financements à effet de levier chez M&G Investments.
En tête des opérations de covenant light réalisées cette année pour le compte d’une société européenne figurent les 2,4 milliards d’euros levés par BC Partner pour le rachat de Springer Science & Business Media. Une opération qui comprenait notamment une part de 1,59 milliard uniquement destinée aux investisseurs américains.
Ces prêts restent attractifs. Selon Bloomberg, les sociétés ayant eu recours à ce type de crédit ont en effet payé en moyenne un taux supérieur au taux interbancaire européen de 370 points de base depuis le début de l’année, contre un écart de 435 pb consenti l’année dernière.
Entre 2005 et 2007, sur les 104 opérations de covenant light réalisées pour des sociétés américaines passées au crible par Moody’s dans un rapport, seuls 15 emprunteurs ont rompu leur contrat de prêt, soit un taux de défaut de 7,8%. Un taux inférieur à celui de 10,4% pour l’ensemble des émetteurs nord-américains notés. Marc Boughton, directeur général de CVC Credit Partners, précise cependant que le marché européen, longtemps dominé par les prêts bancaires, offre un degré de liquidité sur les covenant light moins important qu’aux Etats-Unis.
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