Les RMBS restent utiles aux banques italiennes à court de liquidité
Afin d'élargir son panier d’actifs éligibles au refinancement auprès de la BCE, Intesa Sanpaolo a émis 13,05 milliards d’euros de RMBS le 2 janvier
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Tân Le Quang
En Europe, les titres adossés à des crédits hypothécaires résidentiels (RMBS), à l’instar des autres types de titrisation, servent toujours de monnaie d’échange aux banques. Celles-ci continuent d’émettre des RMBS qu’elles retiennent à leur bilan pour les présenter au refinancement auprès de la BCE. Une technique dont les banques italiennes sont de plus en plus friandes vu leur difficulté à trouver des financements.
En témoignent les 13,05 milliards d’euros de RMBS émis et entièrement souscrits par Intesa Sanpaolo le 2 janvier. Réalisé au travers du véhicule Adriano Finance 2, la transaction comprend une tranche senior de 12,17 milliards et une junior de 876 millions. Il s’agit là de la deuxième plus importante opération depuis celle de 23,8 milliards d’euros d’UniCredit du 13 novembre réalisé via le véhicule Cordusio. Depuis cette date, 55 milliards de RMBS italiens ont été ainsi «retenus».
Entre le 1er janvier et le 12 décembre 2008, selon la recherche d’UniCredit, les titrisations en Italie retenues au bilan des banques ont atteint 70,3 milliards. S’y ajoutent les quelque 9,5 milliards d’euros de RMBS émis entre le 17 et le 29 décembre par Carige, Intesa Sanpaolo, Credito Emiliano et Banco Populare. Avec un total flirtant avec les 80 milliards d’euros en 2008, l’Italie se place ainsi derrière l’Espagne (environ 90,8 milliards) et le Royaume-Uni (autour de 215 milliards) en matière de tranches retenues.
Face au manque de soutien en provenance de Rome, les banques italiennes, qui figurent parmi les moins bien capitalisées de la zone euro, risquent de poursuivre le mouvement. Au moment de l’annonce par l’Italie d’un possible plan de secours des banques portant sur une dizaine de milliards d’euros, UniCredit et Intesa Sanpaolo ont bien fait comprendre à l’Etat qu’elles se débrouilleraient par elles-mêmes pour améliorer leur situation financière.
Mais ces émissions en trompe-l’œil ne font pas oublier au marché la poursuite de la dégradation des fondamentaux de l’immobilier résidentiel local. Les taux de défaillance au troisième trimestre 2008 flirtaient avec les 3,50% contre environ 2,2% fin 2007. Ceux-ci atteignaient même les 4 % pour les RMBS italiens émis en 2003-2004. Sur le marché secondaire disloqué, les spreads des tranches AAA et BBB s’élevaient fin décembre à des niveaux records et 410 de 1590 points de base.
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