Les RMBS britanniques sous la menace du risque de refinancement
Les banques devront refinancer 319 milliards de livres de titres adossés à des prêts immobiliers d’ici à avril 2014, sans soutien public
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Tân Le Quang
Dans le récent rapport d’inflation de la Banque d’Angleterre (BoE), son gouverneur, Mervyn King, a indiqué que le dispositif de liquidité d’urgence, le Special Liquidity Scheme (SLS), qui arrive à terme début 2011, ne sera pas prolongé, alors que le Credit Guarantee Scheme, le plan de garantie de la dette clôturera en 2014.
Mais leur non-extension forcera les banques à refinancer des titres adossés à des prêts immobiliers résidentiels (RMBS) entre 2011 et 2014, un total que Moody’s évalue à 319 milliards de livres. «Vu que le volume d'émissions publiques depuis mi-2009 a été de 10 milliards de livres, il est hautement incertain que le marché des RMBS ait la capacité d’aborber le niveau de refinancement nécessaire dans le délai prescrit», avertit l’agence. Selon Deutsche Bank, la capacité d’absorption du marché des RMBS outre-Manche est limitée. Les émissions en 2006 avaient atteint 94 milliards de livres.
D’après Moody’s, si d’autres marchés de dettes comme les obligations sécurisées ne peuvent refinancer une partie des 319 milliards, l’impact sur l’immobilier britannique sera significatif. Le Council of Mortgage Lenders, l’association des prêteurs immobiliers craint une mise sous pression financière des originateurs de prêts hypothécaires, particulièrement les plus petits établissements, qui les obligerait à durcir leurs standards de crédit et limiter le volume prêté.
Introduit en avril 2008, le SLS, le plus important des deux programmes, a fourni aux banques 185 milliards de livres de liquidités sous forme de bons du Trésor en échange d’actifs illiquides éligibles (covered bonds, RMBS, ABS…) et moyennant décote. Selon Deutsche Bank, 287 milliards de livres d’actifs ont y été déposés en garantie, en valeur nominale, soit une décote de 36,5%. Ce montant comprend notamment, d’après la banque d’outre-Rhin, 70 milliards de livres d’obligations sécurisées et 172 milliards de titrisations.
Le SLS porte sur des opérations de maturité un an avec possible renouvellement pour une période de deux ans. Mais, Deutsche Bank estime que l’expiration du SLS et le remboursement des titrisations retenues au bilan des émetteurs obligeront les banques sur les deux prochaines années à trouver 145 milliards de livres de financements de remplacement pour les swaps liés aux RMBS et aux covered bonds.
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