Les risques de récession en zone euro restent intacts
La zone euro s’offre un léger bol d’air. L’indice composite PMI des directeurs d’achat en Europe progressé de 0,2 point en octobre à 52,2, et dépassé de 0,5 point les prévisions du consensus. Ce rebond permet à l’activité du secteur privé d’enregistrer son seizième mois consécutif d’expansion, grâce à la sortie de l’indice manufacturier de la zone de contraction, alors que l’indice des services est resté stable à 52,4. Ce niveau suggère néanmoins une croissance atone de 0,25% sur la zone au troisième trimestre qui pourrait s’affaiblir en fin d’année et n’efface pas le risque d’une contraction du PIB dans les mois à venir, selon Markit. Barclays table pour l’heure sur une croissance de 0,2% au dernier trimestre après 0,1% au troisième.
Le sous-indice des prix de vente a chuté à 47,1, son plus bas niveau depuis février 2010. «La faible inflation, pour ne pas parler de déflation observée en Belgique, Grèce, Espagne et Italie en septembre, complique les ajustements budgétaires», estimait S&P dans une note publiée hier intitulée «la crise de la zone euro n’est pas finie». Alors que Berlin est attendu sur un plan de relance européen et domestique en contrepartie d’un maintien de la baisse des déficits dans les autres pays, l’agence estime l’impact d’une hausse d’un point de PIB de ses dépenses publiques sur 2015 et 2016 à 0,3 point sur le PIB de la zone euro (0,14 en Italie et 0,12 en Espagne et en France), mais de 0,74 point sur sa propre activité.
L’indice PMI allemand a rassuré en progressant à 54,3, avec une sortie du secteur manufacturier de la zone de contraction. Le pays échapperait à la récession technique avec une croissance de 0,3% sur les deux derniers trimestres, selon Barclays. Dans le même temps, la croissance française resterait stable puis de 0,1%, les indices manufacturiers et des services s’étant enfoncés en zone de contraction, à 47,6 et 48,1. Si l’indice Insee du climat des affaires a légèrement progressé à 91 points, il révèle une baisse inquiétante des commandes étrangères.
«Les entreprises manufacturières françaises ne bénéficient toujours pas de l’affaiblissement de l’euro et des baisses d’impôts; et la forte chute des prix facturés et des marges reflète les difficultés des sociétés à faire face à la baisse de l’euro en l’absence de pouvoir sur les prix», explique HSBC. Elles ont d’ailleurs continué de baisser leurs prix à un niveau jamais vu depuis 5 ans, selon l’enquête PMI.
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