Les réserves de change mondiales atteignent un nouveau record

Elles sont toujours très majoritairement libellées en dollars selon les statistiques du FMI du premier trimestre, l’euro n’en représentant que le quart
Solenn Poullennec

Les réserves de change ont atteint un nouveau record même si leur rythme d’accumulation ralentit. La part du dollar dans les réserves apparaît stable. Les réserves ont augmenté de plus de 178 milliards de dollars en trois mois pour atteindre 11.870 milliards de dollars à la fin du premier trimestre 2014, selon les statistiques du Fonds monétaire international (FMI), recueillies auprès de 146 membres et publiées la semaine dernière.

Les données montrent notamment que le taux d’accumulation des réserves a tendance à ralentir. Au cours du premier trimestre 2014, elles n’ont augmenté que de 1,5% contre une progression trimestrielle moyenne de 2,5% au cours de la dernière moitié de 2013. Sur un an, les réserves ont aussi augmenté de 7%, soit plutôt lentement par rapport à la période d’avant la crise financière, note la recherche de Bank of Tokyo Mitsubishi. Entre le deuxième trimestre de 2002 et le deuxième trimestre de 2008, l’augmentation annuelle des réserves était en moyenne de 22%. Le ralentissement du rythme d’accumulation est aussi évident pour les pays développés qu’émergents même s’il est plus marqué dans ces derniers.

L’analyse de la répartition des réserves dites «allouées» ou réparties en devises confirme la prééminence du dollar. La part des réserves libellées en billet vert reste stable au premier trimestre 2014 à 60,9% alors que les réserves libellées en euro représentaient 24,5% du total. En un an, la part des réserves en dollar n’a décliné que modestement puisqu’elle s’établissait à 61,9% des réserves allouées début 2013. Les chiffres du premier trimestre de cette année reflètent aussi une baisse des réserves allouées dans les «autres devises» que les principales, notamment celles des pays émergents. Pour ces dernières, elle est passée à 3,2% contre 3,7% à la fin de l’année dernière. Selon Bank of Tokyo Mitsubishi, cela pourrait s’expliquer par un moindre appétit pour ces devises depuis quelques années.

Les données du FMI sont cependant de plus en plus difficiles à analyser, souligne la banque japonaise. La part des réserves dont on connaît la répartition en différentes devises ne représente que 52% de l’ensemble des réserves (la Chine, par exemple, en est exclue) et pourrait passer sous la part des réserves «non allouées» dès cette année. De quoi rendre encore plus mystérieuse l’allocation des réserves.

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