Les relations se tendent entre les branches des Rothschild
Concordia, integritas, industria: le premier pilier de la devise des Rothschild se fissure. Le groupe Edmond de Rothschild aurait décidé d’assigner en justice la branche cousine, Rothschild & Cie, sur les conditions d’utilisation de la raison sociale Rothschild, indiquent plusieurs sources, confirmant une information de Challenges. Joint hier par L’Agefi, le groupe Edmond de Rothschild n’a pas démenti, mais s’est refusé à tout commentaire.
Dans l’entourage de Rothschild & Cie, on indiquait hier que la banque n’avait pas encore reçu d’assignation et se montrait «extrêmement sereine».
Une convention régit les conditions d’utilisation du nom Rothschild par les deux maisons. Celui-ci ne peut être employé seul. D’où la mention Rothschild & Cie pour la banque d’affaires de David, 72 ans, et Edmond de Rothschild pour la banque privée franco-suisse de Benjamin, 51 ans.
Des tensions s’étaient déjà manifestées entre les deux branches. Fin 2013, Paris-Orléans, la holding de David de Rothschild, avait déprécié de 22 millions d’euros sa participation de 8% dans la Banque Privée Edmond de Rothschild. «C’est un coup bas que je ne comprends pas», avait aussitôt rétorqué dans les colonnes du Monde Christophe de Backer, directeur général d’EdR, qui a quitté ses fonctions en janvier dernier.
Depuis, la situation semblait s’être apaisée. Pourquoi cette subite dégradation? Ariane de Rothschild, l’épouse de Benjamin, qui a pris les rênes du comité exécutif du groupe fin janvier en poussant vers la sortie Christophe de Backer, marque clairement son territoire. Selon Challenges, sa crainte serait qu’une succession mal négociée dans la branche cousine ne conduise la banque d’affaires et son nom à tomber entre des mains étrangères à la famille.
Certains observateurs y voient eux, une manœuvre destinée à détourner l’attention après le rude exercice 2014 qu’a traversé Edmond de Rothschild. La maison du faubourg Saint-Honoré a connu une dizaine de départs de banquiers privés entre le printemps et l'été, et les rumeurs sur l’ambiance délétère qui y régnait ont alimenté les dîners en ville. Ces vicissitudes n’ont pas empêché le groupe d’annoncer cette semaine pour la France une collecte nette positive l’an dernier en gestion de fortune et une progression de 9% de son résultat net à 22 millions d’euros.
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