Les régulateurs européens s’inquiètent de la protection des souscripteurs de CoCos
Les mises en garde contre les titres de capital contingent ou cocos se multiplient. Après la Banque d’Angleterre et le régulateur européen des marchés financiers (Esma), c’est au tour des autorités danoises de déconseiller aux particuliers d’investir dans ces titres qui absorbent les pertes des banques quand leur capital tombe en dessous d’un certain niveau.
«Les consommateurs de base ne pourront probablement pas comprendre [ces produits de dette bail-inable et convertibles], ils sont trop compliqués», a déclaré hier un représentant du gouvernement danois Michael Dithmer. Ces propos font suite à un avertissement en ce sens publié par le régulateur financier danois la semaine dernière. Selon l’autorité, les institutions financières pourraient être en conflits d’intérêts si elles vendent des CoCos à des investisseurs non avertis car elles se doivent aussi de protéger les intérêts de leurs clients. L’autorité n’a pas pour autant interdit la vente des produits aux particuliers car cela nécessiterait une loi.
Les banques sont friandes des émissions d’obligations contingentes alors qu’elles doivent renforcer leurs fonds propres sous les normes Bâle 3. En septembre, HSBC en a placé quelque 5,6 milliards de dollars, ce qui a porté le montant de CoCos émis par les banques européennes entre début janvier et fin septembre à 51 milliards de dollars, selon Bloomberg. En revanche, Santander n’a levé début septembre qu’1,5 milliard d’euros au lieu des 2,5 milliards d’euros espérés.
En août, l’Autorité européenne des marchés financiers (Esma) avait jugé que les émissions de CoCos devaient être réservées aux investisseurs institutionnels. Même si les rendements de ces produits peuvent être très attractifs, l’Esma souligne qu’il est très difficile d’évaluer la probabilité que le titre soit utilisé par l’émetteur. L’autorité prévient que le versement des coupons sur ces titres peut être annulé à n’importe quel moment et pour n’importe quelle période. Par ailleurs, il lui semble difficile d’anticiper comment réagira la classe d’actifs, le jour où une banque utilisera effectivement ses CoCos.
Tout en soulignant que, pour l’heure, les CoCos émis en France ont été placés auprès d’investisseurs institutionnels, l’Autorité des marchés financiers expliquait aussi en août qu’elle était très attentive à ce que les prospectus décrivent bien les titres et leurs risques.
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIATCLOs : le changement réglementaire qui pourrait remodeler le paysage pour les assureurs
Entretien avec Alexandre Mincier, Responsable Assurance chez Franklin Templeton -
Volkswagen songe à supprimer jusqu’à 100.000 emplois dans le monde
La refonte du groupe automobile, qui toucherait l’ensemble de ses marques, entraînerait des réductions supplémentaires de coûts et des investissements révisés à la baisse. -
Le tribunal arbitral apporte un premier soulagement à Scor dans l'affaire Covéa
Par une décision rendue jeudi 25 juin, le tribunal arbitral met un terme à près de quatre ans de conflit entre Scor et Covéa portant sur des accords de rétrocession en réassurance vie. Une avancée pour le réassureur dont le cours de Bourse avait souffert de l’affaire, mais pas la fin de l’histoire. D’autres procédures liées sont encore en cours. -
Les fonds Obligations Euro toutes maturités à la loupe #172
La tendance baissière se poursuit sur ces fonds avec une moyenne des performances sur douze mois de +1,91%. -
Wall Street prospecte le filon des activités que l'IA ne pourra pas remplacer
Casinos, complexes de loisirs : outre-Atlantique, un nombre croissant d'investisseurs s'entiche du "location based entertainment", ces loisirs et expériences physiques ancrés dans un lieu précis. -
PARTENARIATAccalmie géopolitique : pourquoi les métaux stratégiques restent sous pression
Ormuz rouvre, mais le déficit d'aluminium et les goulets d'extraction persistent. Quel impact sur les portefeuilles
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- Sycomore atteint les 10 milliards d’euros d’encours
Contenu de nos partenaires
-
« Un vote historique » : comment Zohran Mamdani a réussi à geler les loyers à New York
Jeudi soir, une commission de la Ville a voté le gel des loyers des logements régulés. Un vote historique sur une promesse de campagne du maire démocrate, mais controversé -
Pourquoi le gouvernement reporte l'examen du projet de loi « Etat local »
Face à l’opposition des élus locaux et des experts, le gouvernement de Sébastien Lecornu recule sur un transfert inédit de fonctionnaires à l’autorité préfectorale -
Défaillances dans l’enseignement supérieur privé : un nouveau rapport accablant
Un nouveau rapport d’inspection publié ce vendredi constate des dérives et formule des propositions pour mieux réguler le secteur de l'enseignement supérieur privé. Quelque 400 000 étudiants y sont scolarisés