Les régulateurs européens mettent en garde contre les multiples risques des CoCos
Après la Banque d’Angleterre, c’est au tour de l’Autorité européenne des marchés financiers, l’Esma, de mettre en garde contre les risques liés aux CoCos, ces obligations bancaires qui peuvent être effacées ou converties en capital lorsque leur émetteur rencontre des difficultés. «Il n’est pas sûr que les investisseurs envisagent tous les risques des CoCos et les pondèrent correctement dans leurs valorisations», souligne l’institution dans une note publiée la semaine dernière.
Alors que l’utilisation de ces titres est encouragée par la mise en œuvre de Bâle 3, l’Esma note que les émissions ont été jusqu’ici «hétérogènes en termes de niveau de déclenchement (trigger) et de capacités d’absorption des pertes». De façon générale, l’autorité juge que «les structures des CoCos sont hautement complexes» et que ces instruments sont donc réservés aux investisseurs institutionnels bien renseignés.
Le régulateur souligne que les investisseurs ne doivent pas se laisser séduire par le rendement attractif généralement offert par ces produits car il peut surtout traduire des risques difficiles à évaluer. Il est d’abord complexe d’évaluer la probabilité que le titre soit utilisé par son émetteur. Les investisseurs sont donc appelés à surveiller en permanence le niveau de fonds propres durs (common equity tier one) de l’émetteur et à garder à l’esprit qu’une perte de capital aussi bien qu’une augmentation des actifs pondérés par le risque peuvent conduire au déclenchement des CoCos. Savoir quand peuvent être utilisés des CoCos est d’autant plus difficile que ces produits brouillent les hiérarchies habituelles. Leurs porteurs sont susceptibles, dans certaines circonstances, d’être appelés avant les actionnaires.
L’Esma met en avant d’autres caractéristiques qui «augmentent les incertitudes sur la valorisation des CoCo AT1 (Additional Tier 1) et peuvent conduire à la fixation d’un mauvais prix». Ainsi, les versements de coupons sur ces titres «peuvent être annulés à tout moment par l’émetteur, pour n’importe quelle raison et pour n’importe quelle période». Les CoCos sont aussi des instruments perpétuels appelables à des niveaux déterminés et seulement avec l’autorisation des autorités compétentes. Autrement dit, «un investisseur peut très bien ne pas retrouver son capital à la date de call ou à un autre moment».
Enfin, l’Esma note qu’il est difficile de prédire comment l’ensemble de la classe d’actifs réagira le jour où une banque utilisera ses CoCos.
Plus d'articles du même thème
-
Defiance ETFs lance un ETF pour miser sur les hyperscalers rentables de l'IA
Defiance ETFs entend répondre à une question que se posent de plus en plus d'investisseurs : parmi les entreprises qui surfent sur la vague de l'intelligence artificielle, lesquelles transforment réellement ces milliards de dollars de dépenses en croissance rentable ? -
Le marché des dettes hybrides d'entreprise bat des records
Le premier semestre a connu plus de 30 milliards d'euros d'émissions, dont une vague de nouveaux emprunteurs séduits par les conditions de marché favorables. La prime entre dette senior et subordonnée est historiquement basse. -
EFG International tutoie les 200 milliards de francs suisses sous gestion
Portée par une solide collecte nette, des marchés favorables et plusieurs acquisitions, EFG International a vu ses actifs sous gestion progresser de 21 % sur un an à fin juin 2026. -
Les responsables financiers français font preuve de prudence avec l’IA
L’enquête mondiale d’Airwallex relève qu’en France plus qu’ailleurs la fonction finance intègre pour l’heure les fondamentaux avant de se lancer dans l’opérationnel. -
KKR muscle ses ambitions dans l'assurance en recrutant l'ancien patron de Manulife
Après avoir dirigé l'assureur canadien de 2017 à son départ en retraite en 2025, Roy Gori conseillera la firme new-yorkaise, propriétaire de Global Atlantic, sur ses opportunités dans l'assurance et les services financiers. -
Prologis relève une dernière fois son offre sur Segro
Le spécialiste de la logistique américain a relevé pour la quatrième fois son offre sur son concurrent britannique. La date limite pour qu’une offre soit officiellement formalisée est fixée à ce mercredi 22 juillet au soir.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- Arnaud Jacquemin et Gaëlle Duclos (Société Générale Securities Services) : « La taille n’est qu’une dimension de notre compétitivité »
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- Amundi va générer une plus-value de 300 millions d'euros avec l'IPO de SBI FM
- Fabrice Kremer va succéder à Guy Wagner en tant que directeur des investissements de BLI
- Echiquier Gestion Privée mise sur l'architecture ouverte pour séduire de nouveaux clients
Contenu de nos partenaires
-
Les yeux dans les yeuxMacron retient Barbut : le marabout de l'Elysée a encore frappé
Emmanuel Macron mobilise sa force de conviction pour retenir Monique Barbut et éviter une crise gouvernementale au cœur de l'été -
Tribune librePlaidoyer pour une ville bas-carbone qui résiste enfin aux canicules
Chaque été apporte son lot de records. Les températures montent, les nuits restent chaudes, les épisodes caniculaires s’allongent. Ce qui relevait hier de l’exception devient la norme. Pourtant, nous continuons souvent à concevoir nos villes comme si le climat de demain ressemblait encore à celui d’hier. -
Vers la fin du gaz dans l’industrie ? Un rapport parlementaire dévoile ses pistes pour une électrification « massive »
Transmis au Premier ministre par un député LR, le rapport plaide pour intégrer au prochain budget des mesures de soutien à l’électrification de l’industrie.