Les régulateurs durcissent le ton à l’égard des concentrations directes
Contrairement aux chiffres publiés début janvier, le millésime 2015 n’a finalement pas battu le record de 2007 en matière de fusions et acquisitions (M&A) à l’échelle mondiale. La faute en incombe à la multiplication des opérations de grande taille abandonnées au cours des dernières semaines sous la pression des autorités réglementaires aux Etats-Unis et en Europe. Selon Bloomberg, le montant des transactions annoncées l’an dernier, mais abandonnées depuis lors, atteint à l’heure actuelle 908 milliards de dollars (796 milliards d’euros). Ceci ramène la valeur globale des opérations de M&A à 4.080 milliards de dollars sur l’ensemble de 2015, contre un total de 4.090 milliards en 2007.
A quelques heures d’intervalle mercredi, la Commission européenne a interdit le projet d’acquisition de l’opérateur mobile britannique O2 par le conglomérat hongkongais Hutchison pour 10,3 milliards de livres (13 milliards d’euros), tandis qu’un tribunal fédéral de Washington a bloqué la fusion à 6,3 milliards de dollars entre Staples et Office Depot, qui était destinée à créer un géant dans les fournitures de bureaux outre-Atlantique. En 1997, la Commission fédérale du commerce (FTC) était déjà parvenue à faire échec à un rapprochement entre ces deux entreprises.
Des deux côtés de l’Atlantique, ces décisions ont été motivées par la crainte des autorités de voir à la fois les prix augmenter et la qualité de service diminuer pour les consommateurs. Elles témoignent également d’une volonté similaire d’éviter le rapprochement d’acteurs déjà puissants qui se trouvent en concurrence directe sur un segment de marché spécifique. «Nous constatons une nette accélération en matière d’application de la réglementation sur les fusions», commente Seth Bloom, avocat spécialisé dans les législations antitrust à Washington, en ajoutant que ce mouvement «est particulièrement net aux Etats-Unis».
Début mai, ce sont les groupes parapétroliers Halliburton et Baker Hugues qui ont dû renoncer à leur projet de fusion évalué à 35 milliards de dollars. Selon Seth Bloom, l’expiration prochaine du mandat du président Barack Obama n’est pas étrangère à cette surveillance plus rigoureuse, le spoil system en vigueur dans l’administration américaine conduisant de nombreux fonctionnaires à accélérer le processus de décision avant de quitter leur poste.
{"title":"","image":"111327»,"legend":"","credit":"Illustration L’Agefi."}
Plus d'articles du même thème
-
Bouygues Telecom, Orange et Iliad engagent une consolidation historique des télécoms
Vendredi 17 avril, le consortium formé par les trois opérateurs télécoms a annoncé l’entrée en négociations exclusives avec Altice France pour lui racheter SFR. Cette fois, cet accord historique à 20,35 milliards d'euros pourrait bien se concrétiser, avec des autorités antitrust plus accommodantes et de nouveaux impératifs de souveraineté. -
Les CGP diversifient davantage les unités de compte dans les assurances-vie de leurs clients
Si le conflit au Moyen-Orient n'influence pas directement les allocations en assurance-vie, l'Observatoire Nortia confirme que les nouveaux contrats souscrits sont de plus en plus diversifiés. Les produits structurés ont toujours la faveur des épargnants et des conseillers en gestion de patrimoine. -
EXCLUSIFLa banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
Un plan de sauvegarde de l'emploi touchant une soixantaine de salariés est en cours. La rentabilité des activités historiques de la banque, en croissance, ne suffit pas à éponger les pertes liées au développement des cryptos. -
PARTENARIATL’investissement « Value », selon l’approche des trois cercles
Global Premium Equities est une stratégie d’investissement de style « Value » gérée par Boston Partners, l'entité sœur de Robeco aux États-Unis. -
PARTENARIAT« Sur le marché de la dette privée européen, nos implantations locales nous offrent un accès privilégié aux opportunités de financement »
Salim Lemseffer, Partner - Private Debt at Apera Asset Management (Franklin Templeton) -
Le LBO géant de Cerba au pied du mur de la dette
Après des années de pression croissante sur son bilan, le groupe de laboratoires détenu par EQT ouvre des discussions en vue de restructurer une dette devenue insoutenable. En parallèle, Cerba poursuit ses efforts d'amélioration opérationnelle face à la baisse tendancielle des tarifs réglementés en France.
ETF à la Une
Morgan Stanley entre dans la danse des ETF bitcoin
- Comgest fait face à une forte décollecte au premier trimestre 2026
- Qui sont les plus grands gérants d'actifs du monde en 2026 ?
- Amundi «toujours en phase d'apprentissage» dans la numérisation de fonds
- Arkéa AM se rapproche de son objectif d’encours à 2030
- Morgan Stanley entre dans la danse des ETF bitcoin
Contenu de nos partenaires
-
TrioRachat de SFR : l’espoir d’un retour à trois sur un marché très concurrentiel
Il n'y a aucune certitude à ce stade que cette opération soit réalisée, précise le consortium des trois repreneurs de l'opérateur -
Sécurité nationale : un rapport s'alarme de la dépendance des pays européens concernant la tech américaine
Selon un rapport du groupe de réflexion Future of Technology Institute, plus des trois quarts des pays européens utilisent des services de cloud américains pour des fonctions essentielles à leur sécurité nationale -
Indemnisation des ruptures conventionnelles : Les partenaires sociaux « affligés » par le rejet surprise de leur accord à l’Assemblée nationale
Jeudi soir, la faible présence du bloc central dans l'Hémicycle a permis à la gauche de rejeter la transposition d'un tour de vis sur le régime d'indemnisation des ruptures conventionnelles, pourtant objet d'un accord formel entre syndicats et patronat