Les régions espagnoles accumulent un déficit de 13 milliards d’euros au troisième trimestre

Représentant 1,24 % du PIB, le trou est en ligne avec les plans du gouvernement, qui joue la « transparence » face aux doutes des marchés
Elodie Cuzin, à Madrid

Le déficit des 17 régions espagnoles a atteint 13 milliards d’euros en septembre 2010, soit 1,24% du PIB. Il est «en ligne» avec les prévisions du plan d’austérité du gouvernement, qui vise un déficit de 2,4% pour les régions en 2010, a annoncé hier la ministre espagnole de l’Economie, Elena Salgado.

C’est entourée de cinq responsables des finances nationales et régionales que la responsable a voulu faire taire, avec un exercice de «transparence», les doutes de plus en plus bruyants des marchés concernant les dépenses des communautés autonomes, responsables d’un tiers des dépenses publiques et du gros des budgets santé et éducation. C’est la première fois que l’Espagne publie des données trimestrielles homogénéisées de toutes les communautés autonomes. Leur diffusion régulière était prévue à partir de 2011 mais le gouvernement l’a avancée.

L’agence Moody’s s’inquiétait la semaine dernière des «limites du contrôle gouvernemental» sur les dépenses des régions lorsqu’elle a décidé de placer la note de l’Espagne sous surveillance négative. Selon l’agence, les régions devront refinancer 30 milliards d’euros l’année prochaine. La Catalogne comme Valence ont dû émettre leurs bonos cet automne auprès des particuliers.

Quinze régions affichent un déficit inférieur à 2% du PIB, dont Madrid (0,53%) et la Catalogne (1,71%). Deux se situent au-dessus, avec 3,12% de déficit pour Murcie et 4,69% en Castille-La-Manche. Dans leur ensemble, elles ont réduit de 2,4% leurs dépenses non financières depuis janvier par rapport à 2009 (108 milliards d’euros). Selon la ministre, les mesures de rigueur annoncées au printemps se ressentiront plus fortement d’ici la fin de l’année.

Profitant jusqu’ici d’une certaine opacité, les régions se sont parfois autorisées des excès de plus en plus dénoncés en Espagne. L’exécutif de Castille-La-Manche a ainsi investi 140 millions d’euros dans l’aéroport aujourd’hui presque fantôme de Ciudad Real et dont la construction récente a en partie coulé la caisse d'épargne locale Caja Castilla-La-Mancha. Les régions ne respectant pas les objectifs de réduction des déficits «ont vu leurs demandes d’autorisation d'émissions obligataires refusées», a souligné Elena Salgado hier.

Suite à la mise sous surveillance de la dette souveraine, la semaine dernière, Moody’s a annoncé hier qu’elle envisageait aussi d’abaisser les notes d’une trentaine de banques.

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