Les regards se tournent vers la Fed après le surplace de l’emploi américain
La fin d’un cycle de dix mois de créations de postes alimente le risque d’une récession aux Etats-Unis. La Fed pourrait intervenir
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Violaine Le Gall
La stagnation menace bel et bien l'économie américaine. En août, aucun emploi non agricole n’a été créé, d’après le département du Travail. La publication de vendredi dernier met donc fin à dix mois de créations d’emplois déjà peu encourageantes. Celles-ci avaient d’ailleurs commencé à ralentir. Pour juin et juillet, le nombre de nouveaux postes a été révisé en baisse vendredi, à 20.000 et 85.000 respectivement.
Le marché de l’emploi s’en sort donc moins bien que ne l’attendaient les économistes. Ces derniers tablaient en moyenne sur 68.000 créations de postes en août, en tenant compte du retour au travail de l’administration du Minnesota et de la grève des 45.000 salariés de Verizon le mois dernier.
Dans ce contexte, les bons du Trésor américain sont retombés à 2,06 % un niveau proche du plancher de décembre 2008 à 2,05 %. Il faut dire que cette publication constitue le dernier indice en date d’un réel ralentissement de l'économie américaine. «Clairement, la stagnation de l’emploi en août et les révisions en baisse des données sur les deux mois précédents agitent le spectre d’une nouvelle récession», estime Harm Bandholz, chef économiste pour les Etats-Unis chez UniCredit. L’emploi est en effet un des quatre critères sur lesquels se base l’office de statistiques NEBR pour déterminer si le pays est en récession.
Par conséquent, la Fed, qui avait écarté à Jackson Hole toute nouvelle mesure, pourrait revoir sa feuille de route rapidement. Elle devrait procéder à une extension de la duration de son portefeuille de titres, d’après Harm Bandholz. Surtout, la question d’une nouvelle phase d’assouplissement quantitatif (QE3) se pose à nouveau. Le lancement d’un QE3 pourrait avoir lieu en novembre, estime même Rob Carnell, économiste chez ING.
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