« Les récentes émissions à des taux très bas n’ont pas séduit les investisseurs »
Alain Krief, gérant stratégies corporate crédit de BNP Paribas AM
Publié le
Violaine Le Gall
L’Agefi : Quels facteurs expliquent le faible volume d'émissions corporates ces dernières semaines ?
Alain Krief : Le fait que nous soyons en fin de saison de résultats empêche certains émetteurs de venir sur le marché. Mais nous ne pensons pas que l’inondation d’émissions souveraines réfrène l’intervention des emprunteurs privés sur le marché, car ils ne sont pas directement en compétition avec les émissions souveraines. Le volume plus faible que prévu d’émissions est lié également au besoin limité de financement des corporates, qui possèdent déjà de fortes liquidités.
Enfin, les récentes émissions à des taux très bas n’ont pas séduit les investisseurs et ne se sont pas bien comportées sur le marché secondaire. Les investisseurs attendent notamment une augmentation de la prime d’émission pour compenser le niveau de volatilité actuelle des marchés. En effet, l’incertitude et la volatilité des taux ne créent pas un environnement propice à un fort volume d’émissions et le niveau même des spreads de crédit devient de ce fait secondaire.
Dans ce contexte, quelle est votre stratégie ?
Nous nous concentrons sur les fondamentaux de certains corporates, qui ont été chahutés, victimes d’un effet de contamination par les dettes souveraines. Il est clair que l’essentiel du resserrement général des spreads de crédit est derrière nous et c’est pourquoi, aujourd’hui, l’analyse fondamentale reprend sa place et la sélection des émetteurs dans certains secteurs cycliques ou non cycliques redevient essentielle. Depuis le début de l’année, les flux et les mouvements techniques sur le crédit ont été importants, ce qui offre de nombreuses opportunités pour des investissements à moyen et long terme.
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