Jean-Luc Proutat, responsable des économies OCDE chez BNP Paribas
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Laure Closier
L’Agefi: Vous prévoyez un yen toujours assez fort contre le dollar, en dépit des interventions officielles visant à l’affaiblir. Pourquoi ?
Jean-Luc Proutat: Au cours des mois récents, le yen s’est beaucoup apprécié contre le dollar, surtout en raison de la révision à la baisse des perspectives de croissance aux Etats-Unis. En intervenant sur le marché des changes au niveau de 83 yens pour un dollar (son plus haut niveau depuis quinze ans), les autorités nippones ont tenté de fixer la limite. Nous pensons néanmoins que les raisons d’un yen fort restent en place: sans perspective de hausses des taux d’intérêt aux Etats-Unis, les opérations de carry trade, qui avaient pu naguère affaiblir la monnaie nipponne, n’ont pas de réelle raison d’être. En outre, les autorités chinoises continuent vraisemblablement d’acheter du yen, dans le cadre de la diversification de leurs réserves de changes.
Quelles sont vos prévisions sur l’euro/dollar à 6 mois ?
Le différentiel de conjoncture Europe et Etats-Unis est devenu plus favorable à l’euro au cours des mois d’été, les bonnes performances de l’économie allemande tranchant avec celles, relativement médiocres, de l’économie américaine. La création du Fonds européen de stabilisation financière, a également joué en faveur de l’euro. Aujourd’hui, les tensions sur la dette grecque, irlandaise ou portugaise n’affectent plus la monnaie unique. Néanmoins, tout ne joue pas en faveur de l’euro. Les besoins de refinancement en dollars des banques européennes sont importants et les phases de tensions sur la liquidité s’accompagnent généralement d’une remontée du billet vert. La conjoncture en zone euro semble avoir dépassé un point haut et les enquêtes suggèrent un ralentissement à l’horizon des prochains mois.
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