Les promoteurs de l’Euribor proposent d’encadrer davantage l’indice
Après le scandale de manipulation des taux qui a éclaboussé Barclays, l’organisation qui gère l’Euribor veut encadrer davantage l’élaboration de l’indice. L’Euribor-EBF a proposé ces réformes à la Commission européenne dans le cadre de la consultation sur la manipulation des indices qui se termine aujourd’hui.
Ses propositions sont proches de celles de la Banque centrale européenne (BCE). A court terme, l’organisation souhaite vérifier avec les régulateurs le fixing de l’Euribor avant qu’il soit transmis aux participants de marché. La BCE ne souhaite pas superviser l’indice, ce serait donc à l’EBA et/ou à l’Esma, les autorités européennes des banques et des marchés, de s’impliquer dans la supervision. L’Euribor-EBF vérifierait aussi de très près que le niveau de l’Euribor est en ligne avec les opérations réalisées sur le marché.
La contribution des banques devrait être davantage encadrée. «Il est nécessaire d’améliorer la cohésion dans la façon dont les banques contribuent au fixing», explique Cédric Quéméner, directeur à l’Euribor-EBF. L’organisation souhaite ainsi mieux expliquer la notion de «prime bank», à partir de laquelle les établissements doivent donner leur estimation de taux. Les banques pourraient aussi être obligées de conserver leurs données pour justifier, le cas échéant, leurs estimations.
Toujours à court terme, l’Euribor-EBF propose de réformer sa gouvernance. Elle élargirait ses instances de décisions à des universitaires. «Les participants de marché qui pourraient représenter un conflit d’intérêts seront minoritaires dans le steering committee», explique Crédic Quéméner. A plus long terme, l’organisation est prête à étudier la possibilité de développer un benchmark basé sur des transactions réelles.
«Quoi qu’il arrive, Euribor continuera à exister dans sa forme actuelle pour qu’il n’y ait pas de choc dans le marché ni de surcoûts pour les investisseurs et les consommateurs», souligne Cédric Quéméner. L’Euribor sert de référence à des centaines de milliers de milliards d’euros de contrats dérivés et à des prêts aux entreprises et aux ménages.
Si l’Euribor reste incontournable, le directeur déplore que les banques se désengagent d’autres benchmarks comme l’Eurepo: «c’est vraiment une grave erreur. Un benchmark avec moins de banques est beaucoup plus manipulable». Depuis octobre, Natixis ne participe plus à l’Eurepo et Société Générale s’apprête à faire de même.
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