Les professionnels anticipent un repli du marché primaire du crédit en 2009
Il restera rythmé par l’ouverture de fenêtres de marché. Les marges se maintiendront encore à des niveaux élevés
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Violaine Le Gall
Il ne devrait pas falloir attendre longtemps avant que le marché obligataire corporate en euro ne s’ouvre cette année. «Les émissions corporate vont reprendre très rapidement, après le redémarrage des opérations sur les segments des souverains, des agences et des banques bénéficiant d’une garantie d’Etat», souligne Jean-Luc Lamarque, responsable mondial de la syndication chez Calyon. Le bon déroulement des opérations en fin d’année 2008 était en effet un signe encourageant pour les émetteurs souhaitant venir sur le marché.
Leurs besoins de financement seront encore significatifs cette année. Après un record à 129 milliards d’euros en 2008, les remboursements devraient s’élever à 119 milliards d’euros, d’après l’équipe de syndication de Société Générale. Les émissions pourraient les couvrir et atteindre 128 milliards d’euros. Elles s’inscriraient toutefois en repli de près de 6% par rapport à l’an dernier, dans la lignée d’une baisse des volumes observée depuis le pic de 2006. Les prévisions de SG se basent sur des conditions de marché au premier semestre comparables à celles du quatrième trimestre 2008, puis sur une amélioration.
Le marché devrait donc, dans un premier temps, continuer d’évoluer selon les fenêtres de marché et les opportunités. Mais compte tenu du volume d’offre, les émetteurs vont chercher à se différencier y compris en offrant des primes d'émissions toujours importantes aux investisseurs. «Les marges d'émissions devraient donc se maintenir aux niveaux de la fin d’année 2008. Leur resserrement prendra du temps», indique Alain Gallois, responsable monde de l’origination chez Natixis.
Même si les primes d’émissions demeurent élevées, les corporates devraient privilégier les maturités intermédiaires (5-7 ans) au segment des maturités courtes, déjà très occupé par les banques bénéficiant de garanties d’Etat. «Comme en 2008, les émissions des corporates sur les échéances intermédiaires devraient être les plus nombreuses, estime Karim Mezani, responsable de la syndication corporate et financière chez Natixis. Les secteurs très défensifs pourraient par ailleurs lancer des émissions à plus de sept ans.»
Les utilities pourraient tenter ce type d’opérations. Déjà très actifs fin 2008, ils devraient le rester cette année, le secteur étant très bien perçu par les investisseurs.
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