Les privatisations devraient rapporter près de 3 milliards d’euros à la Grèce cette année
La Grèce va donner un coup de fouet à son programme de privatisations d’ici au mois de mai et à l’organisation des élections. Dans une interview accordée à Reuters hier, le directeur de l’agence grecque de privatisations, Costas Mitropoulos, a expliqué que le gouvernement allait vendre 29% (sur 34%) de sa participation dans la compagnie de jeux OPAP et sa part de 35,5% au capital d’Hellenic Petroleum (580 millions d’euros). Les deux entreprises sont respectivement troisième et quatrième capitalisation de la Bourse grecque.
«Si les élections se passent bien, il y aura un gouvernement et une direction claire et le risque perçu par les investisseurs tombera à des niveaux qui permettront l’investissement», a assuré Costas Mitropoulos. Et d’ajouter: «les investisseurs sont vraiment intéressés par nos actifs». Dans son dernier rapport le FMI souligne qu’«avec l’incertitude sur les conséquences du plan d’échange de dette (PSI) les intérêts acheteurs se sont taris». Cet obstacle est désormais levé puisque le pays a trouvé un accord avec ses créanciers privés pour effacer une bonne partie de sa dette et la ramener en théorie à 120% du PIB en 2020.
Mais le Fonds note aussi que «la préparation des privatisations se heurte à de multiples problèmes longs à résoudre: comme des titres de propriété peu clairs, des dettes, des obligations contractuelles complexes, des problèmes d’aides d’Etat et des parties prenantes réticentes à mettre des actifs sur les marchés ou à les restructurer». Les recettes du programme de privatisations avaient été initialement fixées à 50 milliards d’ici à 2015. Faute d’avancées rapides, cet objectif a finalement été ramené à 19 milliards d’euros. Les 50 milliards sont désormais prévus pour 2022.
En 2011, les ventes d’actifs publics ont rapporté environ 1,6 milliard d’euros, contre 5 milliards d’euros prévus. Cette année l’objectif a été fixé à 3 milliards d’euros, soit 1,6% du PIB. «Jusqu’ici c’est faisable», a assuré Costas Mitropoulos. Pour tenir ses engagements, l’agence devrait aussi mettre aux enchères les sociétés Eydap et Eyath, Depa/Desfa, IBC et organiser des offres pour les ports, les aéroports et pour l’autoroute Egnatia Odos Motorway. Dans les prochaines années, les privatisations sont censées rapporter un peu plus de 2% du PIB par an.
Plus d'articles du même thème
-
La SLP spéciale : le véhicule français qui coche enfin toutes les cases sur la scène internationale ?
Dans une tribune pour L’Agefi, Thibault Dupont-Nougein, avocat associé, et Maxime Tillon, juriste chez Hogan Lovells Cadwalader, font le point sur la société de libre partenariat spéciale, deux ans après son introduction par l'ordonnance du 3 juillet 2024. Un véhicule qui trouve progressivement sa place au sein de l’arsenal juridique et fiscal du capital-investissement français. -
Le sort boursier de KNDS reste étroitement lié à celui de Rheinmetall
La perspective de voir le champion franco-allemand de la défense rejoindre la Bourse en 2026 semble de moins en moins probable alors que la capitalisation de son principal concurrent reste sous pression. -
Edmond de Rothschild nomme une responsable groupe philanthropie & engagement
Le groupe présent dans la banque privée et la gestion d'actifs promeut à ce poste Alice de La Rochefoucauld qui était conseillère en philanthropie depuis 2022.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
- Le nouveau cadre SFDR se précise mais des désaccords demeurent chez les professionnels
- La France recule au 29ᵉ rang mondial du classement retraite de Natixis IM
- L’Europe lance un Pacte des investisseurs institutionnels européens pour la tech européenne
- Les assureurs ont orienté leurs achats vers la dette longue en 2025
- La Caisse des Dépôts va cesser de souscrire des obligations d'entreprises pétrolières
Contenu de nos partenaires
-
Interview
Souveraineté numérique : l'avertissement de Cisco
« La France et l’Europe doivent évidemment soutenir leur économie technologique. Mais il existe aussi un risque d’isolement, celui de ne plus avoir accès aux meilleures technologies mondiales dont l’Europe a besoin pour sa croissance », explique à l'Opinion Matthew Houlihan, vice-président du géant américain de la communication sans fil Cisco -
« Honte au gouvernement » : les blocages de lycées électrisent la classe politique
Jean-Luc Mélenchon et plusieurs de ses soutiens ont vivement protesté lundi contre la réaction du gouvernement à la contestation qui enfle parmi les lycéens. -
Mauvaise farceTokyo et Bruxelles craignent de faire les frais du rapprochement sino-américain
L'absence d'influence de l'Union européenne et du Japon a clairement été visible à l'occasion de la visite d'Etat du président chinois à Washington