Les prévisions incertaines d’Altran éclipsent de bons résultats 2007
L’absence d’un objectif de marge et le manque de précisions sur son plan de refinancement ont déçu les investisseurs
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Yves-Marc Le Réour
Altran n’a manifestement pas encore atteint le bout du tunnel. Le groupe de conseil en haute technologie a pourtant enregistré en 2007 un bénéfice opérationnel courant supérieur aux attentes avec une hausse de 31 % à 99,4 millions d’euros, le bénéfice net ayant atteint 21,6 millions contre 3,8 millions en 2006. Le chiffre d’affaires déjà communiqué a progressé de 6,4 % sur l’année à 1,59 milliard et de 7,3 % sur le quatrième trimestre. Ces résultats témoignent d’un deuxième semestre 2007 dynamique avec une marge opérationnelle courante de 7,6 % contre 4,9 % au premier, celle-ci ayant gagné sur l’ensemble de l’année plus d’un point à 6,2 % grâce au plan de baisse des coûts indirects engagé fin 2006. Bien que les frais financiers soient passés de 23 à 29 millions d’euros, le groupe est parvenu à réduire de 20,5 millions son niveau d’endettement à 359,5 millions grâce à la baisse du niveau de créances clients ayant dopé le cash-flow.
Altran a réitéré sa volonté de maintenir un rythme de croissance comparable à celui de son marché (5 % selon les estimations de Fortis), indiquant que le début 2008 confirmait « les tendances de la fin d’année 2007 ». Le président Yves de Chaisemartin n’a toutefois pas souhaité s’engager sur un objectif de marge pour 2008 en raison d’interrogations sur la deuxième partie de l’année. « Nous ne sommes pas pessimistes mais prudents et nous nous adapterons si nécessaire », a-t-il déclaré, le directeur financier Eric Albrand précisant qu’il y avait « moins de visibilitéà partir de septembre ».
La direction d’Altran est également restée floue sur les modalités et l’échéancier de son plan de refinancement ; elle s’est contentée de réaffirmer qu’elle souhaitait être en mesure de refinancer les 230 millions d’euros d’obligations convertibles (Océanes) arrivant à échéance au 1er janvier 2009, soulignant que le groupe devra réunir 280 millions d’euros pour se refinancer. « Je ne vois pas de raisons objectives qui nous empêcheraient d’y parvenir », a indiqué Yves de Chaisemartin. Le groupe étudie pour ce faire plusieurs options, dont le prêt bancaire ou l’appel au marché, faisant également savoir qu’il chercherait à effectuer des acquisitions ciblées, une fois que sa situation financière se sera améliorée. Inquiet de ces perspectives, le marché a fait baisser le titre de 6,5 % à 4,85 euros, réduisant ainsi son avance à +16,5 % depuis le 1er janvier.
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