Les pressions s’accentuent autour de l’offre d’Air France-KLM sur Alitalia
Propos de négociations ou réel coup de froid, le président d’Air France-KLM, Jean-Cyril Spinetta a déclaré mercredi que l’accord de reprise d’Alitalia était «menacé» et de son côté, le gouvernement italien a évoqué en Conseil des ministres la possibilité de nommer un administrateur pour gérer la compagnie aérienne menacée de faillite. Le patron de la compagnie européenne a exclu de prolonger au-delà du 31 mars les discussions sur le projet de reprise d’Alitalia avec les syndicats de la compagnie italienne. Autre date butoir, les législatives auront lieu à la mi-avril. Jean- Cyril Spinetta lie d’ailleurs son offre à l’accord du prochain gouvernement italien, soulignant qu’un projet qui irait à l’encontre de la volonté des pouvoirs publics ne pourrait pas être mis en œuvre. L’Etat italien détient 49,9 % du capital d’Alitalia.
L’enjeu est très politique. Silvio Berlusconi, donné gagnant aux élections, a déclaré ce même jour qu’il espérait que des investisseurs italiens présentent une contre-offre.
Jean-Cyril Spinetta est à Rome depuis mardi mais une première rencontre n’a pas permis de convaincre les syndicats, qui sont à nouveau convoqués jeudi matin. Or l’accord est aussi suspendu à leur feu vert. Ils trouvent pour l’heure des soutiens auprès de personnalités politiques et de l’opérateur de l’aéroport Malpensa, le hub de Milan qu’Air France veut déclasser et qui a porté plainte. Les syndicats s’inquiètent des termes de l’accord éventuel, qui prévoit la suppression d’un tiers des 19.000 postes qui existent actuellement au sein de la compagnie aérienne. Le prix proposé, 218 millions d’euros, fait lui aussi l’objet de vives critiques puisqu’il revient à offrir 10 centimes d’euro par action. Le patron d’Air France a par ailleurs assuré que son groupe ne serait pas affaibli par une éventuelle reprise d’Alitalia.
Le gouvernement italien avait précédemment ignoré une offre de rachat faite par Air One, la plus petite compagnie aérienne nationale, d’un cent par action.
« Si l’accord avec Air France-KLM tombe à l’eau, Alitalia va se retrouver dans une situation désespérée », juge Diogenis Papiomytis, analyste chez Frost & Sullivan, un cabinet de conseils spécialisé dans l’industrie aérienne, « le risque de faillite est réel si ensuite rien ne se passe rapidement avec Air One ».
Plus d'articles du même thème
-
Bourse Direct est de nouveau sanctionnée par l’AMF
Le gendarme de la Bourse lui a infligé une amende de 800.000 euros. Sa dirigeante, Catherine Nini, écope d’une sanction de 50.000 euros. La commission des sanctions de l’AMF leur reproche des défaillances dans le dispositif de déclaration des transactions à l’AMF et dans le dispositif de surveillance et de détection des abus de marché. -
Le dollar retrouve momentanément son trône au sein des devises
Le billet vert est tiré depuis huit jours par la perspective d’une politique de la Fed plus restrictive, malgré l’accord de paix avec l’Iran, et plus globalement par une meilleure performance de l’économie américaine grâce à l’IA. -
Volkswagen cède le contrôle de ses moteurs industriels à Bain Capital
En transférant au groupe de private equity 51% du capital de sa filiale Everllence pour 7,4 milliards d’euros, le constructeur automobile augmentera sa flexibilité financière. -
Les banques et les acteurs crypto lorgnent les clients européens de Binance
Faute d'agrément MiCA, Binance doit suspendre ses services en Europe. Kraken devrait reprendre la majorité de ses parts de marché. Mais d'autres acteurs, plateformes crypto et banques confondues, espèrent que les cartes seront rebattues. -
Renault place son ingénierie au cœur de la bataille face aux constructeurs automobiles chinois
Le groupe au losange réorganise son activité d'ingénierie en France. L'enjeu ? Gagner un temps précieux dans la conception de nouveaux modèles face à une concurrence asiatique toujours plus conquérante. -
La Bourse fêtera la cotation du Slip Français le 14 juillet
L’iconique marque française de sous-vêtements se valorise 14 millions d’euros, avant une augmentation de capital de 5 millions. Les deux fonds, qui accompagnent le groupe depuis dix ans, céderont leurs parts pour un maximum de 10,8 millions.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Le programme Tibi 3 vise 15 milliards d'euros d'investissements dans la tech
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
Contenu de nos partenaires
-
ConquêteInnovation, prix bas, partenariats... Comment Pékin impose ses voitures sur tous les continents
Portés par un marché intérieur saturé et une industrie très compétitive, les constructeurs chinois accélèrent leurs exportations et multiplient les implantations à l’étranger. -
CoopétitionDerrière le relooking de la CPME, une guerre d'influence
Rebaptisée Les Entrepreneurs, l'organisation patronale joue son va-tout pour peser sur 2027 en rivalisant avec le Medef -
PlaidoiriesL'affaire Lyhanna vue par les magistrats : beaucoup de corporatisme, peu de mea culpa
Les deux plus hauts magistrats de France ont mis en garde, jeudi, contre « la mécanique du bouc-émissaire »