Les positions vendeuses sur l’euro ont atteint leur plus haut niveau depuis janvier
Les opérateurs misent massivement sur le dollar, au détriment d’autres devises, en particulier la monnaie unique et la livre sterling
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Violaine Le Gall
Hier, l’euro/dollar est tombé un moment à 1,3274, son plus bas niveau depuis début janvier. Les paris pris sur le marché des changes confirment ce mouvement de repli de la monnaie unique, d’après les données publiées vendredi dernier par la CFTC (Commodity Futures Trading Commission). Ainsi, les positions des fonds à effet de levier en faveur d’une baisse de l’euro/dollar sur le marché des futures ont augmenté sur la semaine se terminant le 27 septembre, à 82.473 contrats, contre 79.460. Par ailleurs, pour la deuxième semaine consécutive, les positions nettes vendeuses sur l’euro tournent autour de 8 milliards de dollars en valeur notionnelle, un niveau inégalé depuis janvier dernier.
La monnaie unique n’est pas la seule devise attaquée dans cette période de forte incertitude. Si les positions nettes vendeuses sur l’euro représentent 78% du record atteint ces trois dernières années, celles sur la livre sterling atteignent 91%. Sur le dollar canadien et le peso mexicain, les «shorts» sont à un niveau record sur trois ans.
A l’inverse, le dollar fait bel et bien figure de valeur refuge. 63% des positions recensées par la CFTC sur le dollar sont acheteuses en net. Et les positions nettes agrégées sur le dollar par rapport aux huit principales devises ont enregistré un niveau record à 7,4 milliards de dollars, d’après les stratégistes change de Citi. Le retournement est marquant depuis deux semaines. Jusqu’alors, les opérateurs avaient été vendeurs nets de dollars cette année. «L’attention du marché a basculé du débat sur le plafond de la dette américaine et des craintes d’un ralentissement économique aux Etats-Unis à des inquiétudes sur une récession mondiale et sur une crise financière mondiale», analysent les spécialistes de Citi.
Le comportement des opérateurs non commerciaux sur les marchés à terme sera déterminant pour l'évolution de l’euro dans les semaines à venir. Si la situation en Grèce se détend et si la BCE abaisse les taux et relance les opérations à un an, l’euro pourrait rebondir: «jusqu’à 1,40/1,41 dans les deux prochaines semaines, expliquent les stratégistes change de Natixis, en particulier si l’on commence à observer un débouclage des positions vendeuses des comptes spéculatifs, d’autant qu’elles ont atteint des niveaux historiquement élevés de 80.000 la semaine dernière».
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