Les politiques salariales des banques pour 2009 révèlent une grande disparité

Le contexte de crise a pesé dans les négociations. La rentrée pourrait être chaude dans certains établissements
Antoine Landrot

La teneur de l’accord salarial de branche avec l’Association française des banques (AFB), ainsi que sa signature par la seule CFDT début décembre, annonçait la couleur: une grande latitude serait laissée aux établissements dans leurs négociations annuelles obligatoires. Cet accord prévoit notamment une augmentation des minima salariaux et une revalorisation générale minimale de 4% sur trois ans. «Les minima ne concernent que quelques centaines de salariés, car les embauches sont en général réalisées à des niveaux supérieurs, nuance Sébastien Busiris, secrétaire fédéral de FO Banques. En outre, l’augmentation générale sur trois ans ne couvrira pas l’inflation.»

Les banques ont très diversement adapté leur politique à la conjoncture (voir tableau). L’accord chez Barclays France est qualifié d’«excellent» et «très complet» par certains: il prévoit notamment des augmentations comprises entre 3,8% (pour les plus bas salaires) et 1%, ainsi qu’une prime de 500 euros pour tous. Force Ouvrière devrait bientôt le signer.

Mais il n’a pas fait jurisprudence. Les négociations chez LCL et aux Caisses d’Epargne se sont soldées par des échecs. Ce qui laisse augurer une rentrée agitée. Une réunion intersyndicale est prévue en début d’année à l’Ecureuil. Globalement, les centrales entendent relayer vigoureusement au sein du secteur bancaire le mouvement social interprofessionnel prévu fin janvier.

Dans d’autres cas, les accords ont été signés par la majorité des syndicats représentés. C’est le cas chez BNP Paribas et à la Société Générale. L’affaire Kerviel, la crise et la vulnérabilité supposée de la banque rouge et noire face à d’éventuels prédateurs ont visiblement poussé les salariés à ne pas se lancer dans une surenchère. Le groupe n’a pas mis en place d’augmentation pérenne pour 2009, attendant d’avoir une meilleure visibilité sur ses résultats 2008. En cas de bonne fortune, tout ou partie de la prime pourrait être intégrée au salaire.

Par ailleurs, le thème de l’équité salariale entre hommes et femmes, abordé dans l’accord AFB, a fait une entrée remarquée. Le Crédit du Nord y consacrera 200.000 euros en 2009, BNP Paribas un million, HSBC France deux millions. Barclays prévoit 300 euros pour les femmes touchant moins de 35.000 euros par an et les hommes dont la rémunération est inférieure à 26.000 euros – soit un budget total de 140.000 euros.

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