Les places européennes rivalisent pour attirer les investissements en yuans
Bank of China a réalisé sa première émission de «Schengen bonds», qui seront cotés sur le compartiment «Euro MTF» de la Bourse du Luxembourg
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Patrick Aussannaire
La Chine fait un pas supplémentaire vers l’Europe. Bank of China a émis lundi 1,5 milliard de yuan (175 millions d’euros) d’obligations à 3 ans assorties d’un rendement de 3,5%. Ces premières obligations libellées en renminbi (RMB) émises par une société chinoise sur le marché de la zone euro seront cotées sur le compartiment «Euro MTF» de la Bourse du Luxembourg, et surnommées «Schengen bond», ce qui signifie «s’enraciner ici et se développer» en chinois. Une opération qui représente «un pas de plus vers l’internationalisation du RMB et témoigne de l’engagement de BoC à promouvoir le Luxembourg comme centre financier de référence du RMB en Europe», selon Zhou Lihong, directrice générale de la filiale luxembourgeoise de la banque.
Mais la concurrence est déjà rude entre places européennes. Hier, le groupe allemand KfW a émis les premières obligations libellées en RMB à 2 ans pour un montant de 120 millions d’euros qui seront cotées à la Bourse de Francfort. A l’occasion de la visite du président chinois le mois dernier en Europe, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont rivalisé pour attirer les investissements chinois. Berlin a ainsi obtenu que Bank of China devienne une banque de règlements et de compensation membre de Deutsche Börse. Le pays, comme le Luxembourg, attend néanmoins de se voir accorder, comme c’est déjà le cas pour les sociétés britanniques, un quota permettant aux gérants d’investir en Chine (RQFII). Une étude récente de PwC met en avant que chaque centre financier européen a déjà développé ses propres spécificités sur les opérations en RMB: le marché des changes à Londres, les échanges de biens en Allemagne et les investissements et la gestion d’actifs à Luxembourg.
Hong Kong reste néanmoins la place de référence. Le marché primaire des obligations «offshore» en RMB («dim sum bonds») a attiré plus de 100 milliards de yuans d’émissions depuis le début de l’année, contre 128,5 milliards sur l’ensemble de l’année 2013. Un volume qui pourrait atteindre 210 milliards sur 2014, porté par les 130 milliards de titres, hors certificats de dépôts, arrivant à maturité cette année et qui devraient être refinancés sur le marché offshore, «plus accessible pour les signatures de qualité malgré la récente faiblesse du yuan», selon CA CIB. Les forts besoins de fonds en RMB devraient en outre conduire les émetteurs à privilégier la devise chinoise par rapport au dollar.
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