Les perspectives financières des agences de notation affectées par la crise du subprime
Restructuration forcée des agences de notation. Moody’s prévoit de supprimer 275 postes, soit 7,5 % de sa main d’œuvre. Ce plan de restructuration conduira l’agence à enregistrer dans ses comptes du quatrième trimestre 2007 une charge de 52 millions de dollars. De fait, Moody’s, dont 90 % des revenus proviennent de la notation et de la recherche, anticipe un affaiblissement de cette activité après la forte baisse des émissions de produits structurés depuis l’avènement de la crise des crédits à risque aux Etats-Unis. De même, pour le groupe d’édition McGraw-Hill, maison-mère Standard & Poor’s, qui a annoncé la suppression de 600 emplois, ce qui se traduira par une charge de restructuration de 43,7 millions de dollars au quatrième trimestre. Ce plan concerne 3 % de l’effectif du groupe. Quant à l’agence canadienne, DBRS, elle a annoncé la fermeture de ses bureaux européens et la suppression d’un nombre de postes non précisé dans ses divisions de New York et Toronto.
Les agences, qui ont été accusées de tous les maux ces derniers mois - en particulier d’avoir, par des notations trop généreuses, encouragé la bulle spéculative sur les produits structurés -,vont être, avec les banques, les premières à pâtir du ralentissement de ce marché. Face à ces nombreuses critiques, Moody’s avait décidé en août dernier de séparer ses activités de notations de ses activités de marketing et d’analyses de données. Ce changement de gouvernance est intervenu après que de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer le manque d’indépendance des agences de notation vis-à-vis des émetteurs.
Quoi qu’il en soit, les perspectives financières des agences s’annoncent tout de même moroses compte tenu du fait que leurs revenus avaient connu une progression continue depuis l’explosion des émissions d’instruments structurés. Sur le seul premier semestre de l’année 2007, la part de revenus assurée par les financements structurés s’était élevée à 53 %. Or, d’après Citigroup, les émissions de CDO (collateralized debt obligations), qui permettent notamment de titriser desobligations en tous genres, devraient baisser de 50 à 60 % cette année. Les émissions d’ABS (asset-backed securities) devraient, selon la banque américaine, se restreindre de plus de 90 %. L’intérêt décroissant des investisseurs pour ce type de produits et le renchérissement des coûts de financements devraient affecter durablement cette activité de financement structuré.
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