« Les perspectives de résultats des entreprises américaines semblent meilleures »
Philippe Troesch, directeur général d’Aberdeen AM France
Publié le
Ajouter à vos sources préférées
Ajouter en favori
Yves-Marc Le Reour
-
nk
L’Agefi: Quelles sont les raisons de votre pessimisme accru sur les indices européens ?
Philippe Troesch: La situation en Europe reste toujours extrêmement délicate essentiellement pour trois raisons. Tout d’abord, un coût de plus en plus élevé pour le sauvetage de la Grèce et des mesures envisagées qui ne rassurent pas les marchés. Ensuite, des politiques budgétaires de plus en plus restrictives en raison des diktats des agences de notation. Enfin, un essoufflement de la locomotive de l’Europe, l’Allemagne, et ses périphériques. Il semble que la croissance économique européenne va ralentir fortement et la zone pourrait entrer en récession ; le scénario d’un double dip en 2012 n’est plus une vue de l’esprit. Dans ces conditions, les résultats des entreprises européennes devraient en subir les conséquences, et les Bourses de la région pourraient en souffrir.
La capacité de rebond des actions vous semble-t-elle plus solide aux Etats-Unis ?
Aux Etats-Unis la situation paraît différente pour également trois raisons. Le pays ayant été dégradé, la question du triple A ne se pose plus ; la Fed est décidée à faire le maximum dans sa politique monétaire pour soutenir la croissance ; Barack Obama comme les républicains ne pourront se montrer trop restrictifs en pleine campagne électorale.
Sur le terrain la situation économique semble s’améliorer, avec notamment un marché immobilier qui retrouve quelques couleurs. Les perspectives de résultats des entreprises américaines semblent meilleures, même si le point noir reste les banques et leur manque de rentabilité. La croissance outre-Atlantique devrait être supérieure à celle de l’Europe, d’autant que l’affaiblissement du dollar joue en faveur des entreprises exportatrices américaines.
AstraZeneca et Bristol Myers Squibb explorent le scénario d’un mariage. L’union du laboratoire britannique et de son homologue américain donnerait naissance à un titan de la santé de plus de 100 milliards de dollars de chiffre d’affaires et de 400 milliards de capitalisation. Or, les investisseurs sont circonspects.
L’acquisition d’Atkore pour une valeur d’entreprise de 3,8 milliards de dollars renforcera la présence du fabricant italien de câbles dans les équipements électriques.
Après Apple, Microsoft, Nvidia et Alphabet, le groupe de commerce en ligne fondé par Jeff Bezos devient la 5e entreprise américaine de l'histoire à dépasser ce cap symbolique.
Le baril de brut a reculé lundi à son plus bas depuis mi-juillet après que le président américain a annulé une attaque importante sur l’Iran et annoncé de nouvelles négociations, démenties par Téhéran. Mais les pourparlers avec Oman avancent. Les marchés de taux et d’actions en ont profité.
Dans son projet de big-bang institutionnel pour 2027, Gabriel Attal ressuscite une vieille promesse d'Emmanuel Macron, celle d'instaurer un « spoil system à la française ». Il serait temps