Les pays nordiques voient leur hégémonie menacée par l’envolée de leurs devises
La hausse des devises nordiques commence à devenir problématique. Malgré un recul marginal hier, la couronne suédoise s’est appréciée de 5,2% depuis mi-décembre contre dollar à 6,649 et de 3,3% contre euro, à 8,8148. De même, la couronne norvégienne s’est renforcée de 5,7% contre dollar à 5,6712 et de 3,8% contre euro, à 7,5204. Depuis début 2009, l’envolée est encore plus impressionnante: elle atteint 27% contre dollar et 24% contre euro pour la Suède, et 22,5% contre dollar et 25,3% contre euro pour la Norvège. A tel point que l’OCDE estime que les couronnes suédoise et norvégienne sont surévaluées de respectivement 25% et 40%.
Le gouverneur de la Norges Bank norvégienne, Oeystein Olsen, a jugé hier «notable» l’appréciation de la devise nationale ces dernières semaines. Et d’ajouter que si cette tendance se confirmait, les prévisions de croissance pour 2012 devraient être revues à la baisse. Le FMI avait déjà revu ses prévisions de 2,5% à 2,2%. Le gouvernement suédois a pour sa part indiqué la semaine dernière qu’il n’anticipait plus qu’une croissance atone de 0,5% cette année. «La faible croissance dans la zone euro a réduit la demande pour les exportations suédoises, qui ont fortement ralenti en 2011», a averti la banque centrale.
La Riksbank suédoise ainsi que la Norges Bank ont toutes deux procédé à une baisse de leurs taux directeurs de 25 et 50 pb pour les porter respectivement à 1,5% et 1,75% afin de soutenir leurs économies. Pourtant, malgré des mises en garde sur le dérapage de leur devise respective, elles n’ont amorcé aucune intervention sur le marché des changes. «La politique monétaire de la Norvège et de la Suède résiste pour le moment à la force des devises», rappelle Credit Suisse Securities. Avec seulement 3,5% des 4.000 milliards échangés quotidiennement sur le marché des changes, les couronnes suédoise et danoise font partie des quatre devises les moins traitées selon la BRI, ce qui limite leur potentiel de baisse.
Malgré le statut de valeur refuge de leurs monnaies, les deux pays ont vu leurs rendements progresser. L’adjudication à 10 ans du Trésor suédois du 8 février a rencontré sa plus faible demande en plus d’un an et le taux 10 ans est repassé au-dessus du Bund allemand pour la première fois depuis septembre. Parallèlement, le spread entre le taux 10 ans norvégien et le Bund allemand a augmenté de 23 pb à 45 pb depuis mi-décembre.
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