Les pays européens sont attendus sur le marché primaire des titres indexés sur l’inflation
Les emprunts d’Etat indexés sur l’inflation (linkers) resteront le terrain de jeu de la France, de l’Italie et de l’Allemagne en 2011. Après en avoir levé un record de 46,1 milliards d’euros en 2010, les trois souverains devraient en émettre pour 50 milliards l’année prochaine, selon SG CIB.
Principal émetteur de linkers, l’Agence France Trésor (AFT) en a émis environ pour 20,4 milliards, représentant 10,8% des émissions totales nettes en 2010. En 2011, l’AFT a estimé qu’elles représenteront environ 10% des émissions nettes à moyen et long terme. Dans son scénario central, SG CIB prévoit 21 milliards d’émissions avec une proportion d’OATei/OATi de 60%/40%, dont 5 milliards pour la future OATei (inflation européenne) 15 ans et 6 milliards d’OATi (inflation française) de maturité 2019. «La nouvelle OATei 15 ans avec une maturité en 2026 ou 2027 est largement attendue pour le premier trimestre 2011», indique la banque. Celle-ci ajoute que l’AFT n’est pas sous pression pour ouvrir des lignes supplémentaires vu les encours actuels sur l’OATei 2022 (7,5 milliards) et l’OATei 2040 (6,8 milliards).
Dans le cas de l’Italie, SG CIB table sur un montant d’émissions de 17 milliards, contre 14,8 milliards en 2010. Toutefois, ce scénario est exposé au risque d’instabilité du crédit du souverain, les périodes de fuite vers la qualité ayant impacté de manière disproportionnée les titres italiens indexés sur l’inflation européenne, les BTPei, par rapport aux BTP classiques. De plus, en émettre dans un contexte de stress alors que les lignes obligataires sont déjà pleines ne serait pas très séduisant. En revanche, dans des conditions de marchés normales, SG CIB voit l’Italie créer deux nouvelles lignes à 5 (2016) et 15 ans (2026-2027).
Outre-Rhin, la Finanzagentur compte émettre de 2 à 3 milliards par trimestre, soit entre 8 et 12 milliards en 2011. La souche Bundei 2016 étant complète et les lignes OBLei 2013 et Bundei proches d’être achevées, l’Allemagne sera contrainte de créer une nouvelle ligne. SG CIB parie sur la création d’un nouveau Bundei 30 ans ou d’un Bundei à 10 ans, avril 2022, s’intercalant entre les OATei 2022 et BTPei 2021.
Malgré une crise souveraine non résolue, les investisseurs devraient voir quelque 28,6 milliards d’euros leur revenir suite aux remboursements obligataires et aux changements indiciels prévus en 2011. De quoi entretenir la flamme pour les titres indexés.
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