Les pays émergents s’octroient la part du lion pour les investissements directs étrangers
Selon la Cnuced, ils ont attiré plus de la moitié des flux l’an dernier, compensant la perte d’attractivité des économies développées
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Antoine Duroyon
Mi-2010, la Cnuced tablait sur des flux d’investissements directs étrangers (IDE) de 1.200 milliards de dollars en 2010. Bien que les données de l’organisation internationale publiées lundi n’atteignent pas l’objectif (+0,7% à 1.122 milliards de dollars), elles montrent le renouveau des pays émergents. Ces derniers ont vu leurs flux d’IDE progresser de 9,7% pour atteindre 524,8 milliards de dollars, «grâce à une reprise économique relativement rapide et à des flux croissants entre pays du Sud».
Alors que l’Afrique (-14,4%) a poursuivi sa tendance baissière entamée depuis le pic de 2008, l’Amérique latine (+ 21,1%) et l’Asie du Sud, de l’Est et du Sud-Est (+17,8%) ont tiré leur épingle du jeu. Cette dernière zone a fortement rebondi après le déclin de 2009 (-17%), portée par un afflux de capitaux à Singapour, à Hong Kong, en Chine, en Indonésie, en Malaisie ou encore au Vietnam. Symboliquement, les IDE ont franchi la barre des 100 milliards de dollars en Chine. En Amérique latine, les opérations de fusions-acquisitions, principalement dans l'énergie ou le secteur minier, ont rejoint les sommets observés dans les années 1990.
Au bout du compte, les pays émergents et ceux en transition se sont arrogés 53% des flux d’IDE en 2010, compensant la faiblesse des pays développés qui ont accusé un recul de 6,9% à 526,6 milliards de dollars. Une performance négative en dépit de chiffres dynamiques aux Etats-Unis (+43%), redevables à une reprise significative des bénéfices réinvestis de filiales étrangères. Mais l’Europe a pesé lourd dans la balance, freinée par les incertitudes entourant les dettes souveraines. Pour cette année, la Cnuced s’attend à des flux d’IDE compris entre 1.300 et 1.500 milliards de dollars.
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