Les pays émergents concentrent les investissements directs étrangers

Dans un contexte de reprise, la part des économies développées dans les flux d’IDE mondiaux a fondu à un plus bas historique de 39% fin 2013
Patrick Aussannaire

Les investissements directs étrangers (IDE) se reprennent. Après la chute enregistrée en 2012, ils ont augmenté de 9% l’année dernière pour revenir à 1.452 milliards de dollars, selon les chiffres publiés par la Cnuced. Un niveau qui reste néanmoins toujours inférieur de 17% à celui de fin 2011. La hausse a également été de 9% dans les économies développées qui ont ainsi attiré 566 milliards de dollars d’investissements étrangers. A 39%, la part des IDE vers les pays développés dans les flux mondiaux totaux est à son plus faible niveau historique, et ils restent toujours inférieurs de 57% à leur plus haut de 2007.

Même si les statistiques pâtissent de biais méthodologiques, la France a particulièrement souffert avec une contraction des IDE dans le pays de 80% à 5 milliards de dollars. Tout comme le Royaume-Uni qui a vu les investissements étrangers dans son économie fondre de 19% à 37 milliards. Parallèlement, ils ont explosé de 50% en un an en Espagne pour atteindre 39 milliards et ainsi dépasser ceux à destination du Royaume-Uni. En Italie, ils sont passés de près de zéro fin 2012 à 17 milliards fin 2013, hissant ainsi le pays à la vingtième position, alors qu’ils ont doublé en Allemagne sur un an pour atteindre 27 milliards de dollars.

Dans le même temps, les IDE dans les économies émergentes ont atteint un nouveau plus haut historique de 778 milliards, soit 54% des investissements totaux. Le reliquat, soit 108 milliards de dollars, ayant eu comme destination les pays dits «en transition». Ces deux groupes représentent à présent la moitié des vingt premières économies en termes d’IDE. La Chine a maintenu sa deuxième place avec un montant record d’IDE de 124 milliards de dollars. Lorsqu’on y ajoute les IDE de Hong Kong et Singapour, elle dépasse même très largement, avec 265 milliards, les Etats-Unis qui ont attiré 188 milliards, contre 161 milliards un an plus tôt.

Dans ce contexte, la Cnuced table sur une poursuite de la hausse des IDE à 1.600 milliards de dollars fin 2014 et 1.700 milliards fin 2015, son niveau de 2011. Mais avec «une hausse plus importante dans les pays développés», les pays émergents étant exposés aux incertitudes politiques et à des instabilités locales. Le Royaume-Uni et la France figurent notamment en quatrième et septième position des destinations développées vers lesquelles les investisseurs souhaitent se tourner d’ici à fin 2016.

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