Les partenaires européens restent divisés sur le budget communautaire
Difficile de trouver un compromis entre partenaires européens qui tentent de conserver chacun leur pré carré. Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy a suspendu cette nuit le sommet de Bruxelles qui tente de donner à l’Union un cadre budgétaire pour la période 2014-2020, jusqu'à ce midi pour donner le temps aux dirigeants des Vingt-Sept d’examiner ses nouvelles propositions qui seraient pourtant peu modifiées. Aucun accord ne devrait cependant être trouvé cette semaine, les discussions étant ainsi repoussées jusqu'à un futur sommet. Le président français François Hollande précise tout de même qu’il «faut aller jusqu’au bout dans un premier temps pour que, après, on sache exactement sur quoi la négociation achoppe et doit se rouvrir».
Et les points d’achoppements restent nombreux, le principal demeurant le montant de l’enveloppe du budget communautaire. L’Allemagne souhaite ajouter 30 milliards aux 80 milliards d’euros de réductions proposées par Herman Van Rompuy par rapport au projet initial. Le fonds commun dédié aux constructions d’infrastructures intra-communautaire a été amputé de 5 milliards d’euros, le fonds d’aides internationales de 5,5 milliards, et celui de la justice de 1,6 milliard.
Le Premier ministre britannique David Cameron cherche à réduire de 10% la masse salariale des fonctionnaires européens, à abaisser le niveau de leurs pensions et de repousser de cinq ans leur départ à la retraite pour des économies de 9 milliards par an. Or, l’administration ne représente que 6% du budget européen, contre un tiers à la Politique agricole commune (PAC) qui s’est vue offrir une enveloppe de 8 milliards d’euros supplémentaires. «Nous n’avons que partiellement été entendus» a néanmoins estimé François Hollande.
A cela s’ajoutent des divergences sur les «rabais» accordés à certains pays, Royaume-Uni en tête. Si cet avantage arraché de haute lutte en 1984 par Londres est désormais acquis de l’aveu même de François Hollande, «ce qui est négociable, c’est qui paye» a-t-il prévenu, ajoutant qu’il ne peut pas «accepter que les pays les plus riches de l’Union européenne demandent des rabais et même plus pour que la France y contribue». «Je reste ferme et demande que chacun contribue». Le président français demande en outre, à l’instar de l’Italie, une remise à plat de «tous les chèques, rabais et ristournes» accordés à certains pays de l’Union, en plus du Royaume-Uni.
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