Les paris des investisseurs restent extrêmement concentrés
Notre indicateur de dispersion de performances est sorti par le haut après une consolidation à plat inédite depuis quinze ans
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Pierre Sabatier - PrimeView
Nous revenons ce mois-ci sur nos indicateurs de dispersion de performances boursières sectorielles et des valeurs composant le DJ Stoxx 600, dont les niveaux nous indiquent la concentration des paris réalisés par les investisseurs sur les marchés actions, au détriment du reste de la cote. Mi-janvier, nous vous signalions que le niveau atteint par ceux-ci nous incitait à la prudence, d’autant que les corrections de notre indicateur sont généralement très violentes. Si le recul des marchés européens a bien eu lieu (-12% pour le DJ EuroStoxx 50), il ne s’est pas traduit par une baisse significative de la dispersion de performances, qu’elles soient sectorielles ou sur les valeurs. Au contraire, le rebond des indices européens qui a suivi a même permis à notre indicateur de sortir par le haut, après une période de quelques semaines de consolidation à plat: il a progressé de 137% par rapport au 9 février dernier, et se situe désormais à un niveau 12 fois supérieur à celui d’il y a un an.
Un tel phénomène est à la fois rare et très surprenant, puisque toute consolidation des marchés actions provoque en général un recul d’au moins 50% de notre indice, comme on le constate sur le graphe. Dans ce cadre, la poursuite de la progression des indices vers leurs plus hauts nous semble difficile à envisager, et la rotation sectorielle devrait continuer après le fort rebond des secteurs les plus touchés par la dernière correction, en particulier les industrielles et les produits de base.
Avec un environnement microéconomique tout comme macroéconomique relativement incertain, l’approche de la fin des politiques monétaires non conventionnelles, et une telle concentration des paris des investisseurs, nous estimons que les marchés actions européens devraient connaître des phases de hausse et de baisse successives, fréquentes et de faibles ampleurs à l’image de leur comportement depuis le début de l’année, laissant les indices de référence dans une fourchette de prix relativement étroite. Dans ces conditions, la réactivité sera de mise, avec une préférence de plus en plus marquée pour les secteurs défensifs et à faible bêta.
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