Les optimisations de dettes animent le marché du crédit en 2010
«Les sociétés, qui sont entrées dans la crise avec peu de dettes et n’ont donc pas besoin de rééquilibrer leur bilan, accumulent le cash», observait fin août Aneta Markowska, analyste chez SG CIB. Aux Etats-Unis, selon la Fed, les entreprises non financières du S&P 500 n’ont jamais eu autant de liquidités dans leur bilan depuis 1952: 6% de leurs actifs, contre moins de 4,5% avant la crise. «Une situation similaire existe en Europe, où les entreprises ont une préférence pour le cash», ajoutent les analystes de chez Gartmore. Alors que faire de ces liquidités ?
Des acquisitions ? Selon BoA Merrill, les transactions dans le M&A vont augmenter au troisième trimestre en Europe, mais aucune explosion n’est prévue d’ici la fin de l’année. «Une autre option favorable au crédit existe pour ces liquidités: le rachat de dette», explique la banque américaine ajoutant que «la gestion des passifs a régulièrement agrémenté le marché primaire du crédit au cours de l’année dernière.» Et pas seulement. Depuis 2010, les opérations se succèdent.
Dernière en date, vendredi, Iberdrola a émis 600 millions d’euros à 2020 tout en reprenant des titres arrivant à échéance en 2011 et 2013, dans le cadre d’une offre de rachat et d'échange. «Les transactions les plus communes concernent les échanges de dettes (court terme contre long terme) ou des émissions de dette long terme qui arrivent juste après une offre de reprise de dette court terme», rappelle BoA Merrill.
Veolia, Air Liquide, Aéroport de Paris et Casino ont ainsi animé le marché dans le premier cas, Schneider et Peugeot dans le deuxième cas. «Les entreprises profitent des taux bas pour rallonger la maturité moyenne de leur dette obligataire, faire des économies de frais financiers et éviter le coût de portage», explique Sidney Studnia, responsable de l’ingénierie financière chez SG CIB.
«Certaines entreprises, qui ont un excédent de liquidités, ont pour stratégie de se désendetter en remboursant leur prêt bancaire et en rachetant leur dette obligataire», poursuit le responsable. Selon BoA Merrill, «les offres de rachat pures et simples ont été moins communes jusqu'à présent, mais elles ont commencé à augmenter». Trois opérations ont été effectuées cette année. La plus récente concerne National Grid qui a racheté 397 millions d’euros sur les 450 millions de sa dette à 2011, 2012 et 2014.
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