Les OPCVM de droit français échappent à la retenue à la source
Le gouvernement a tranché dans le conflit concernant les OPCVM de droit français et de droit étranger. Dans le projet d’article de loi sur la taxation à 3% des dividendes, dont Les Echos ont obtenu copie hier soir, il propose de supprimer la retenue à la source (RAS) de 30% qui pénalisait les fonds de placement non résidents, alors que les structures françaises en étaient exemptes, mais pas d’imposer ces dernières.
En mai dernier, la Cour de justice européenne avait jugé cette pratique discriminatoire et contraire à la libre circulation des capitaux; elle avait condamné la France à aligner les deux régimes fiscaux et à rembourser, à fin 2011, 4,2 milliards d’euros aux plaignants. Le projet de loi propose donc de «supprimer la retenue à la source applicable aux revenus distribués aux OPCVM étrangers». En revanche, «la retenue à la source serait maintenue pour les distributions directes à des personnes physiques ou morales non résidentes ainsi qu’à des organismes à but non lucratif établis hors de France. Elle serait également maintenue pour les distributions payées dans un Etat ou territoire non coopératif».
Même si les professionnels de la gestion d’actifs veulent éviter de faire le lien avec la taxation à 3% des dividendes, le projet de loi est sans équivoque: «pour compenser la perte de recette liée à la suppression de cette retenue à la source, il est proposé d’instaurer une contribution de 3% sur les montants distribués par les sociétés et organismes français ou étrangers passibles de l’impôt sur les sociétés en France».
Le gouvernement avait trois possibilités: supprimer la RAS sans mesure de compensation, le faire en la compensant par une taxe sur toutes les distributions de dividendes de source française, ou généraliser la retenue aux OPCVM français, avec ou sans neutralisation en aval pour les porteurs de parts. Cette dernière solution équivalait à ôter tout intérêt à ce type d’instruments par rapport aux autre produits d’épargne comme l’assurance vie, les certificats, voire la détention directe. «Cette option pourrait entraîner une perte de compétitivité des OPCVM français alors que l’industrie française de la gestion d’actifs est aujourd’hui performante», explique le projet de loi.
Plus d'articles du même thème
-
La France évalue le coût économique de la guerre en Iran à plus de 4 milliards d'euros
Le ministre de l’Economie et des Finances a réuni mardi plusieurs ministres avec le Comité d’alerte des finances publiques créé en avril 2025. Ce comité conclut que les recettes fiscales liées au carburant pourraient à peu près couvrir les aides déjà annoncées. Mais pas le coût économique total lié à la remontée de l’inflation, au ralentissement de la croissance et à la charge de la dette, évalué à 4,4 milliards d’euros. -
L’inflation britannique porte les premières traces du conflit au Moyen-Orient
L’indice des prix à la consommation britannique a progressé de 3,3% sur un an en mars, en raison de la flambée des prix des carburants, accélérant par rapport aux 3% enregistrés en février. Pas de quoi pousser la Banque d’Angleterre à agir dès avril, selon les économistes. -
Deutsche Telekom et T-Mobile seraient en discussion en vue d’une fusion
Une telle fusion, qui nécessiterait l'accord préalable de Berlin, principal actionnaire de Deutsche Telekom, donnerait naissance à un géant des télécoms. -
La météo pénalise les ventes d'Eurofins au premier trimestre
Le groupe invoque des difficultés temporaires liées à des conditions exceptionnellement défavorables, menant à un chiffre d'affaires décevant. Son action décroche nettement en Bourse. -
Les conseillers financiers orientent les clientes vers des produits plus coûteux
Une étude fondée sur l’analyse de 27.000 entretiens dans une grande banque allemande révèle des écarts persistants dans les recommandations financières selon le genre. À caractéristiques identiques, les femmes se voient proposer des produits plus coûteux, renforçant des inégalités déjà existantes en matière de patrimoine. -
SpaceX se rapproche de la start-up d'IA Cursor qu'il pourrait racheter pour 60 milliards de dollars
Le groupe d'Elon Musk compte sur ce partenariat et cette potentielle acquisition pour se renforcer dans le domaine du codage par intelligence artificielle.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- Amundi «toujours en phase d'apprentissage» dans la numérisation de fonds
- UniCredit lance ses premiers ETF en partenariat avec BNP Paribas AM
- Stéphane Vonthron : «La qualité de l’écoute est clé pour un commercial»
- La forêt française, un actif réel en voie de reconnaissance
Contenu de nos partenaires
-
AcideBudget : pourquoi la crise au Moyen-Orient a bon dos
Pour le Haut conseil des finances publiques, « l’année 2026 avait démarré sans marge de sécurité budgétaire » avant même l'offensive israélo-américaine contre l'Iran -
Lignes de fondRachat de SFR : pourquoi la création de vrais « champions européens » n’est pas pour demain
Si la France est autorisée à consolider son marché entre acteurs français, les autres pays européens dans une situation comparable seront en droit d’exiger un privilège semblable -
Présidence de la Fed : Kevin Warsh promet son indépendance, les démocrates en doutent
Alors que le président des États-Unis réclame une forte baisse des taux d’intérêt de la Fed, Kevin Warsh, le candidat porté par Donald Trump à la présidence de la Banque centrale, assure devant les sénateurs mardi 21 avril vouloir préserver l’indépendance de la Fed.