Les obligations sécurisées australiennes étofferont bientôt le marché européen
L’Australie sera probablement la prochaine juridiction à autoriser l’émission d’obligations sécurisées, ces titres garantis par un portefeuille de prêts, le plus souvent hypothécaires. Une vaste réforme qui donnera la possibilité aux banques de créer des covered bonds vient d’être annoncée par le directeur de Trésor du pays, Wayne Swan, le 12 décembre. Jusqu’à présent les banques en Australie n’avaient pas la possibilité d’émettre ces titres, que ceux-ci soient encadrés par la loi ou structurés. La loi exigeait que les actifs des banques de dépôt soient disponibles pour couvrir les dépôts en cas de défaut alors que les porteurs de covered bonds ont un droit prioritaire sur les actifs sous-jacents.
Pour rassurer le régulateur, seuls 5 % des actifs des banques australiennes pourront servir de garantie dans les covered bonds. Par conséquent, le marché australien des obligations sécurisées sera d’une taille maximum de 100 milliards de dollars australiens, soit 74 milliards d’euros, calcule Deutsche Bank. Cette année, 190 milliards d’euros ont été émis en Europe.
Une partie des émissions pourrait être réalisée en euros. «La mise en place d’un cadre réglementaire pour les covered bonds australiens permettrait aux trois banques du pays d’émettre ce type de titres dans la zone euro, indique Ralf Grossmann, responsable des covered bonds chez SG CIB. Les investisseurs européens devraient lui réserver un bon accueil car les covered bonds australiens leur offriraient une nouvelle diversification.»
Le marché européen devrait donc encore s’étoffer. En 2010, 13 nouveaux émetteurs jumbo (émissions de plus d’un milliard d’euros), venus de sept pays, ont déjà fait leur apparition sur le marché.
Arrêté par la crise, le projet américain de créer des covered bonds pourrait aussi être relancé cette année. Toutefois, «même s’il existe une volonté de créer un marché domestique des covered bonds aux Etats-Unis, le projet sera difficile à mettre en œuvre. Les obligations sécurisées sont garanties par des actifs qui sont séparés du bilan de la banque, ce qui inquiète la FDIC qui ne pourrait pas disposer de ces actifs en cas de défaut de la banque», poursuit Ralf Grossmann.
En attendant, les banques européennes et canadiennes profitent de l’appétit des investisseurs américains. Les émissions en dollars ont atteint 30 milliards en 2010 et pourraient s’élever à 50 ou 60 milliards l’an prochain.
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