Les obligations longues resteront réservées aux émetteurs les mieux notés
L’inquiétude qui a régné sur les marchés la semaine dernière a provoqué un net ralentissement des émissions de dettes par les entreprises. Metro a été le seul groupe privé non-financier de la catégorie d’investissement à venir sur le marché pour lever 750 millions d’euros, alors que, la semaine précédente, 4,3 milliards d’euros d’obligations avaient été placées.
Un autre émetteur, la SNCF, est parvenu à attirer les investisseurs en proposant des titres à 15 ans. Il s’agit de l’opération sur la maturité la plus longue réalisée par un émetteur non souverain depuis le début de l’année. La société de transport ferroviaire a levé 750 millions d’euros de titres à échéance février 2025 en offrant un coupon de 4,125%. En une heure, le livre d’ordres a atteint 1,2 milliard d’euros.
«Dans un contexte de taux bas, certains investisseurs, en particulier les assureurs, recherchent les maturités longues qui procurent un rendement susceptible de remplir leurs objectifs de performance, explique Anne-Marie de Corcelles, à l’origination chez Natixis, l’un des chefs de file de l’émission SNCF. Dans le même temps, la volatilité des marchés incite ces investisseurs à se positionner sur des signatures de très bonne qualité. Les obligations de la SNCF répondaient donc à leurs besoins actuels».
Depuis le début de l’année, les entreprises ont privilégié les émissions sur des maturités plus courtes. 81% des sommes levées ont porté sur des maturités de dix ans au plus, d’après les données de Crédit Agricole CIB.
L’opération réussie de la SNCF pourrait ouvrir la voie à d’autres opérations longues réalisées par des émetteurs notés AAA. Peu actives depuis le début de l’année alors que leurs besoins de financements sont importants, des agences pourraient se positionner sur ce segment.
Les émetteurs corporates, dont la qualité de crédit est moins bonne, devraient en revanche rester rares sur le segment long compte tenu de la prudence des investisseurs. Plus largement, leur activité sur le marché primaire est difficilement prévisible. Outre les conditions de marché, la période de publication des résultats les empêche pour le moment de lever de la dette. Par ailleurs, la baisse de l’offre de titres pourrait aussi s’expliquer par le fait que les entreprises n’ont plus un besoin urgent de liquidités nouvelles, d’après les stratégistes crédit de Société Générale.
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