Les obligataires d’Abengoa craignent pour le maintien de leur rang
Rarement une augmentation de capital aura été attendue avec autant de fébrilité à la fois du côté des actionnaires d’Abengoa que des créanciers obligataires. D’un côté, les premiers s’inquiètent de la dilution que provoquera l’émission de 650 millions d’euros d’actions nouvelles pour un groupe capitalisant seulement 1 milliard d’euros. De l’autre, les porteurs d’obligations redoutent les conséquences que pourrait provoquer une crise de liquidités.
La documentation des titres high yield émis par le groupe espagnol d’énergies renouvelables en avril dernier pour un montant de 375 millions d’euros prévoit en effet une clause permettant de garantir le financement des projets à court terme par les obligations corporates.
Ces financements de projet garantis par la maison-mère sont habituellement refinancés par de la dette à long terme sans recours, une fois les actifs en fonctionnement. Mais que se passe-t-il si Abengoa ne peut plus faire face à ses besoins au jour le jour? La question taraude les détenteurs d’obligations sachant qu’aucune clause de ce type ne figurait dans les deux autres dossiers espagnols acrobatiques de ces dernières semaines, OHL et Grupo Isolux.
La direction d’Abengoa a indiqué que des clauses habituelles figurent dans sa documentation pour protéger les détenteurs d’obligations en cas de faillite d’une structure. Mais, échaudés par la requalification d’une partie de la dette en novembre 2014 et par la récente communication sur l’augmentation de capital, les investisseurs n’ont plus confiance. Même si elles se sont reprises après être tombées à moins de 50% du pair, les obligations d’échéance 2020 ne traitent toujours qu’à 62%.
Les actionnaires et les obligataires devraient connaître dans les prochains jours les modalités de l’augmentation de capital. Crédit Agricole CIB, HSBC et Santander auraient accepté de garantir l’émission, avec BoA Merrill Lynch et Citigroup en renfort. Selon Reuters, BlackRock serait d’accord pour participer à l’offre, tout comme le fonds de private equity First Reserve.
L’une des questions porte sur la nature des titres émis. En 2013, Abengoa avait vendu des actions de classe B qui portent un seul droit de vote. Mais cette fois, pour limiter la dilution, l’actionnaire de référence, Inversion Corporativa, aurait accepté de vendre aussi des actions de classe A, dont la valeur en Bourse est 55% plus élevée que les classe B du fait de droits de vote multiples (100 droits pour une action de classe A).
{"title":"","image":"93571»,"legend":"Emissions cr\u00e9dits. Illustration L’Agefi.»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Face au risque climatique, la tutelle des assureurs les appelle à se mobiliser sur la prévention
L'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution a conduit une revue des actions du secteur dans la gestion des risques liés au changement climatique. De bonnes pratiques ont été relevées, mais les actions de prévention restent à déployer. -
Donald Trump prolonge sa guerre commerciale
L’administration américaine a instauré de nouveaux droits de douane de 10% ou 12,5% au nom de l’article 301 du Trade Act contre le travail forcé. Un cadre juridique qui inscrit la guerre tarifaire dans la durée. -
Le gendarme américain de la Bourse ouvre le dossier des coffres-forts crypto
Le régulateur des marchés financiers américains débute son travail sur les actifs de la finance décentralisée. Tout en adoptant une posture ouverte au dialogue, il rappelle aux acteurs que certains coffres-forts ou protocoles rentrent dans le giron législatif des valeurs mobilières. -
Ardian poursuit la réorganisation de sa gouvernance
François Jerphagnon succède à Mathias Burghardt à la présidence du directoire d'Ardian France. Ce dernier quitte ses fonctions exécutives pour se consacrer à l'activité Infrastructure. -
Les fonds actions des marchés émergents signent leur deuxième plus importante collecte hebdomadaire
Les fonds actions axés sur les marchés émergents ont attiré 29,6 milliards de dollars d’entrées nettes sur la semaine, d’après le Flow Show de Bank of America. -
La roupie indienne reste en mauvaise posture
Comme chaque semaine, retrouvez le coup d'oeil de DeftHedge sur le marché des changes.
ETF à la Une
Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- La gestion d'actifs sauve tout juste les résultats de Lazard
- BNP Paribas collecte 6 milliards d’euros en gestion d’actifs au deuxième trimestre 2026
- Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Fabrice Kremer va succéder à Guy Wagner en tant que directeur des investissements de BLI
Contenu de nos partenaires
-
BatailleA400M, bulldozers, sapeurs : la mobilisation maximale des militaires face aux feux
Les armées fournissent matériels et personnels face aux incendies, en plus d’une brigade dédiée à la sécurité civile. Et fait monter en puissance ses dispositifs -
Le jour d'aprèsAssurances et mégafeux : tout le monde sera indemnisé, ou presque
Une fois les feux maîtrisés, les milliers de personnes évacuées pourront retrouver leur domicile. Certains décrouvriront des dégâts de grande ampleur. Se pose alors la question de l'indemnisation -
Think againLe réchauffement climatique est plus brutal que prévu par le Giec. Donc...
Maintenant, il faut faciliter les recherches de géo-ingénierie, ces techniques de manipulation à grande échelle de l'environnement et du climat terrestre, pour « améliorer l’effet miroir » et tenter de rétablir la balance thermique