Les nuages s’amoncellent sur l'économie de la zone euro
Après l’Italie, la France, les doutes se portent sur le PIB d’Allemagne dont les exportateurs sont préoccupés par les tensions géopolitiques et le manque de dynamisme de leurs partenaires européens
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Laurent Chemineau
Après l’Italie, la France, les interrogations sur la croissance économique gagnent l’Allemagne. Et l’escalade récente des représailles économiques entre l’Occident et la Russie (embargo sur certains produits alimentaires ...) n’ont pu que renforcer les doutes sur la capacité de la première économie de la zone euro a surmonté l’inertie de ses partenaires européens, ce qui compromettrait la fragile reprise en zone euro.
Au deuxième trimestre, le PIB français n’a augmenté que de 0,2% et pourrait garder le même modeste rythme au troisième, selon la Banque de France. De son côté l’Italie a annoncé mercredi son retour en récession, le deuxième trimestre ayant été marqué par une contraction de 0,2% du PIB italien après -0,1% au premier.
En juin, les exportations et les importations allemandes ont augmenté de, respectivement, 0,9% et 4,5%, signe que la crise ukrainienne n’avait que peu pénalisé les entreprises exportatrices d’outre-Rhin. Sur l’ensemble du deuxième trimestre, les exportations ont légèrement augmenté par rapport aux trois mois précédents et les importations ont reculé. Et sur le premier semestre, l’excédent commercial allemand est en hausse (99,3 milliards contre 97,9 milliards un an plus tôt). Mais même en intégrant ce soutien commercial, certains économistes craignent une contre-performance du PIB allemand entre avril et juin, dont la première estimation officielle sera publiée jeudi 14 août, tout comme en France.
A l’appui de ces inquiétudes, d’autres indicateurs récents ont déçu les attentes, comme les commandes à l’industrie, qui ont subi en juin leur plus forte baisse depuis près de trois ans, et la production industrielle, qui n’a progressé que de 0,3%, bien moins qu’attendu.
Le commerce extérieur «n’aura probablement pas compensé totalement les très mauvais chiffres de la production industrielle (...), ce qui signifie que le PIB devrait s'être légèrement contracté au deuxième trimestre», redoute Christian Schulz, économiste senior de Berenberg Bank. Selon le consensus Reuters, le PIB allemand devrait avoir stagné au deuxième trimestre après une croissance de 0,8% de janvier à mars, dopée par la température inhabituellement clémente. Pour Carsten Brzeski, économiste senior d’ING, les exportations auront sans doute été l’unique moteur de la croissance allemande au deuxième trimestre.
Répondant à une question sur le ralentissement de certains pays et le rôle que peuvent jouer les investissements publics lors de sa conférence de presse mensuelle, jeudi 7 août, Mario Draghi, le patron de la Banque centrale européenne s’est montré prudent: «dans le cas de l’Allemagne, le ralentissement, nous devons d’abord évaluer le plein impact de ce que j’appelle les facteurs techniques ».
Au-delà, la préoccupation des entreprises allemandes se cristallise aujourd’hui autour de la crise en Ukraine. Les exportations allemandes vers la Russie, qui représentent 3,3% du total, ont déjà chuté d’environ 15% sur les cinq premiers mois de l’année par rapport à la période correspondante de 2013. Environ 10% des entreprises exportatrices allemandes écoulent une partie de leur production en Russie et certaines d’entre elles, comme le groupe de défense Rheinmetall ou le fabricant de médicaments génériques Stada, ont averti cette semaine des risques que fait peser la crise ukrainienne et ses retombées économiques sur leur activité.
«En dépit des résultats positifs du premier semestre de l’année, nous sommes préoccupés par l’escalade du conflit commercial avec la Russie», a déclaré vendredi à Reuters Anton Börner, président de l’organisation patronale BGA, qui regroupe quelque 120.000 grossistes, exportateurs et sociétés de services. Et «les conflits au Moyen-Orient font aussi peser une menace sur l'économie mondiale et pèsent donc sur les exportations allemandes».
En quinze ans, près de 9.000 milliards d’euros pourraient changer de mains en France. Derrière ce chiffre, devenu omniprésent, se trouvent une fondation et trois auteurs à l’origine d’une estimation désormais largement reprise dans les médias et le débat politique. Ce calcul est appelé à peser sur les discussions autour du patrimoine, de l’héritage et des inégalités à moins d'un an des présidentielles.
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