Les nouvelles règles de collatéral profiteront aux banques périphériques
L’assouplissement des critères de collatéral accepté par la Banque centrale européenne la semaine dernière devrait faciliter l’utilisation des titrisations par les banques des pays périphériques pour se refinancer. Depuis mars 2011, seules les obligations adossées à des actifs (ABS) avec au minimum deux notations initiales AAA et deux notations au minimum A- au cours de la vie des titrisations étaient acceptées au guichet de la BCE. Cette distinction va disparaître rapidement (l’institution n’a pas communiqué de date précise). A l’avenir, pour être admis en collatéral, les ABS devront seulement avoir eu deux notes supérieures ou égales à A- à un moment donné.
Pour les analystes de Barclays Capital, « l’assouplissement des critères de notation aura peu de conséquences sur les titrisations publiques placées auprès des investisseurs» car la plupart de ces opérations sont des tranches seniors notées AAA. Mais de l’avis de la plupart des analystes, ces nouvelles règles devraient profiter aux banques des pays périphériques, comme l’Irlande, le Portugal, l’Espagne ou l’Italie. Car les dégradations de ces pays et de leurs banques ont pesé sur la notation des titrisations.
Cependant, «les nouvelles règles semblent toujours dures comparées à celles qui s’appliquent à d’autres instruments, tant en termes de décote qu’en termes de notation puisque la plupart des autres actifs peuvent être notés jusqu'à BBB- pour être acceptés en collatéral», note Ganesh Rajendra chez Royal Bank of Scotland. D’autant que la BCE a strictement conditionné ses nouvelles règles.
Les actifs éligibles doivent être adossés à des prêts hypothécaires résidentiels (RMBS) ou des prêts aux petites et moyennes entreprises (SME CLO). «Nous nous demandons pourquoi les ABS auto ne sont pas aussi acceptés», déplorent les analystes de Bank of America Merrill Lynch. Les prêts sous-jacents doivent tous être de même type et non douteux au moment de l’émission. Les documents de commercialisation des ABS doivent comprendre des clauses qui assurent qu’il y aura toujours un gestionnaire (servicer).
Enfin, l’originateur des ABS ne doit pas remplir le rôle de contrepartie de swaps pour limiter les risques. «Trouver des parties tierces pour fournir des swaps de taux d’intérêts pourrait être difficile, voir beaucoup trop coûteux pour nombre de banques périphériques», tempère RBS.
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