Les nouvelles contraintes réglementaires bousculent le financement des PME-ETI
Dans un rapport rendu public mardi 11 mars, Paris Europlace formule 19 propositions visant à faciliter à terme l’accès des PME-ETI aux outils de dette
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Olivier Pinaud
Faciliter la titrisation de prêts de PME, accélérer le développement de nouvelles sources de financement, encourager la demande des investisseurs institutionnels, favoriser la mutualisation et aider l’accès des PME et des ETI aux investisseurs particuliers. Dans un rapport remis ce matin, Paris Europlace dresse une liste de cinq grands axes dont la mise en œuvre permettrait d’améliorer le financement par la dette des PME et des entreprises de taille intermédiaire (ETI). Les besoins sont estimés à environ 100 milliards d’euros par an.
«Le financement par la dette est une problématique quotidienne des PME-ETI, bien plus que les besoins en fonds propres», rappelle Olivier Casanova, directeur financier de la coopérative sucrière Tereos et animateur de la commission financement des PME-ETI de Paris Europlace. Et la problématique risque de devenir encore plus complexe alors que les évolutions réglementaires visant les banques ou les assureurs devraient entraîner «un impact fort sur l’offre de financement à l’attention des PME-ETI», poursuit le directeur financier.
Si la crise a réduit les demandes de crédit des PME-ETI, les tensions pourraient apparaître, la reprise économique venant s’ajouter à la mise en œuvre des nouvelles règles. Actuellement, environ 95% des financements de ce type d’entreprises, pour un encours total de 690 milliards d’euros (413 milliards pour les PME, 274 milliards pour les ETI), sont assurés par les banques. Mais avec Bâle 3, elles seront amenées à se monter plus exigeantes, en se concentrant sur les plus grandes entreprises ou en augmentant leurs marges. Selon le rapport Fineco réalisé début 2013 par Paris Europlace, Bâle 3 devrait surenchérir le coût du crédit bancaire de 100 à 200 points de base. D’où la nécessité pour les PME-ETI d’aller chercher d’autres sources de financement et des maturités plus longues auprès de nouveaux investisseurs.
«Il ne s’agit pas d’opposer les banques et les autres sources de financement. Les PME-ETI ont aujourd’hui besoin de plus de diversité», explique Olivier Casanova. Les 19 propositions formulées par Paris Europlace, dont certaines sont déjà à l’étude voire mises en œuvre, viendront alimenter les prochaines réunions du comité Place de Paris 2020 créé fin 2013 par le ministre de l’économie, Pierre Moscovici.
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