«Les niveaux de valorisation des marchés actions nous semblent excessifs»

Malik Haddouk, directeur de la gestion diversifiée chez CPR AM
Yves-Marc Le Réour

- L’Agefi: A quoi est due votre prudence accrue sur les actions et les obligations ?

- Malik Haddouk: Rarement dans l’histoire des marchés financiers nous avions connu un tel démarrage. En à peine trois mois, les marchés actions mondiaux ont enregistré des performances moyennes supérieures à 15%. Leur progression ayant été plus rapide que les anticipations de progression des résultats d’entreprises, les niveaux de valorisation nous semblent excessifs. Même si nous maintenons une exposition actions proche de 50% qui atteste de notre volonté de rester investis sur cette classe d’actifs, nous avons mis en place des positions de couverture sur les actions de la zone euro pour nous prémunir d’un éventuel retour brutal. Quant au marché obligataire, il n’a pas été en reste avec des rendements orientés à la baisse. Les emprunts d’Etat ont fortement bénéficié de l’entrée en action de la BCE, enregistrant de belles progressions notamment sur les maturités supérieures à 10 ans. Plus de 35% du gisement obligataire européen en dette d’Etat traite en territoire négatif, d’où notre prudence sur ce compartiment.

- Votre surpondération en cash est-elle destinée à perdurer ?

- Notre poche cash s’est étoffée au cours du dernier mois après des prises de bénéfices opérées sur les marchés actions et obligataires. Nous anticipons une respiration à venir de la plupart des classes d’actifs. Le dossier grec et le probable début de normalisation de la politique monétaire américaine pourraient finir par calmer les ardeurs des investisseurs. Notre surpondération du cash est tactique pour nous permettre de mieux nous positionner sur de nouvelles opportunités d’investissement.

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